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États-Unis : Donald Trump met en place une nouvelle mesure contre l'immigration

Conformément à ses déclarations lors de la campagne présidentielle, le président américain Donald Trump a choisi de supprimer un programme protégeant des jeunes immigrés clandestins de l'expulsion mis en place en 2012 sous la présidence de Barack Obama.

Le ministre de la Justice américain, Jeff Sessions, lors de la campagne présidentielle de Donald Trump en Arizona en août 2016 promouvant des mesures contre l'immigration.

5 septembre 2017. – Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a relaté lors d'une conférence de presse la décision du président des États-Unis de suspendre le programme « Deferred Action for Childhood Arrival » (abrégé DACA) et de confier au Congrès sa suppression dans les six mois à venir, jusqu'au 5 mars 2018 pour des prétendues raisons économiques puisque Donald Trump avait estimé en 2016 que l'immigration clandestine coûtait chaque année 113 milliards de dollars[1].

En 2010, un projet de loi intitulé « Development, Relief, and Education for Alien Minors Act » (reprenant l'acronyme de ce projet, les bénéficiaires se définissent ainsi comme des dreamers, soit des « rêveurs ») qui devait décider de la situation des jeunes migrants clandestins n'avait pas été adopté et a conduit à la création du programme DACA en 2012 par le prédécesseur de Donald Trump, Barack Obama. Il confère aux actuels 800 000 bénéficiaires (sur 1 300 000 de personnes pouvant y prétendre), principalement mexicains, la possibilité d'étudier ou travailler aux États-Unis sous certaines conditions, notamment avoir entre 15 et 31 ans et être arrivé avant 16 ans dans le pays, avoir un casier judiciaire vierge, avoir suivi des études et avoir vécu dans le pays depuis 2007, sans pouvoir être expulsés. Mais depuis le 5 septembre 2017, aucune nouvelle demande pour bénéficier du programme ne peut être acceptée[1],[2].

Une mesure contestéeModifier

Dès son annonce, la mesure a provoqué des réactions de la part de chefs de grandes entreprises (par exemple, Microsoft, Apple, Facebook ou encore Google) qui dénoncent le fait que cette action pourrait faire perdre jusqu'à 460,3 milliards de dollars pour les États-Unis (jusqu'à 100 milliards en cinq ans selon le cabinet Moody's Analytics[3])[1]. En effet, alors que le directeur d'une association de chefs d'entreprise juge que les bénéficiaires « sont actifs dans tous les secteurs de l’économie », et que ceux ci sont des « actifs bien intégrés dans le marché de l’emploi [...] qui paient des impôts » d'après un patron d'une entreprise de Caroline du Sud, les secteurs de la grande distribution, de la construction et de l'hôtellerie pourraient être gravement affectés[3] car cette mesure réduit « la production et les possibilités de trouver de la main d’œuvre sur un marché du travail déjà tendu », affirment plusieurs économistes américains.[4]

Quinze États du Nord-est et du Sud ont également déposé une plainte contre l'administration de Donald Trump le 6 septembre contre mesure qui violerait une clause de la Constitution américaine garantissant l'égalité de protection à tous ses ressortissants. En effet, selon le sénateur de l'État de New York Eric Schneiderman, la suppression du programme « viole la clause car elle est discriminatoire envers les dreamers d’origine mexicaine, qui représentent 78 % des bénéficiaires du programme »[5]. Les États de Californie, du Maine, du Minnesota et du Maryland ont ensuite apporté leur soutien le 12 septembre en déposant une nouvelle plainte jugeant cette mesure illégale et anticonstitutionnelle[6].

SourcesModifier