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Éthiopie : le Premier ministre se déclare prêt à entrer en guerre avec les islamistes somaliens

Carte de l'Éthiopie
Carte de l'Éthiopie
Localisation de l'Éthiopie
Localisation d'Éthiopie et, dans l'est et au sud-est, de la Somalie
Carte de la Somalie
Carte de la Somalie

23 novembre 2006. – Meles Zenawi, Premier ministre de l'Éthiopie, s'exprimant jeudi 23 novembre 2006 devant les membres du Parlement éthiopien à Addis-Abeba, a indiqué que son pays, dans l'éventualité d'une guerre avec les groupes islamistes qui contrôlent tout le sud de la Somalie voisine, avait achevé ses préparatifs militaires, sans toutefois donner de détails sur la teneur de ces préparatifs.

L'Éthiopie et l'Union des tribunaux islamiques, qui contrôle une grande partie du territoire somalien, dont la capitale, Mogadiscio, s'accusent mutuellement, depuis plusieurs mois, d'ingérences dans leurs affaires interieures.

L'Éthiopie, dont une majorité relative de la population est chrétienne, mais qui dispose d'une forte minorité musulmane (environ un tiers de la population, essentiellement dans l'est et le sud-est du pays, précisément dans des régions plus ou moins limitrophes de la Somalie, soupçonne ainsi les groupes islamistes d'être liés à la nébuleuse terroriste Al-Qaida, ce qu'ils démentent, et d'avoir des visées sur plusieurs provinces de l'est et du sud-est de l'Éthiopie, où existe une minorité ethnique somalie. L'accusation de liens entre les groupes islamistes somaliens et Al Qaeda n'est d'ailleurs pas nouvelle, les États-Unis les ayant déjà publiquement accusés d'une possible implication dans les attentats en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.

De son côté, l'Union des tribunaux islamiques accuse l'Éthiopie d'entretenir sur le territoire de la Somalie un contingent armé, ce dont se défendent les autorités d'Addis-Abeba, qui ne reconnaissent que la présence d'« instructeurs militaires » au côté de l'autorité transitoire mise en place en 2004, mais qui ne contrôle plus, à présent, sur les 19 régions de Somalie, que les régions de Bakool, Bay et Gedo, situées entre la frontière éthiopienne et la capitale tombée aux mains de l'Union des tribunaux islamiques.

Les députés éthiopiens ont toutefois refusé de voter la motion présentée oralement par le Premier ministre, lui demandant de renouveler cette motion par écrit, afin qu'un débat ordinaire, permettant l'adoption d'éventuels amendements, soit possible. Divers parlementaires de l'opposition ont notamment argüé que la motion présentée par le gouvernement pourrait être interprétée, dans sa mouture actuelle, comme une « déclaration de guerre à l'encontre des Tribunaux islamiques en Somalie », ce dont ils ne souhaitent pas porter la responsabilité.

De son côté, à Mogadiscio, le porte-parole de l'Union des tribunaux islamiques, Abdurahim Ali Muddey, a fermement réagi contre les événements du jour à Addis-Abeba en déclarant notamment que les Somaliens se tiendraient « prêts à la défense de [leur] pays », tout en exhortant les autorités éthiopiennes contre « toute attitude belliciste irresponsable ».

La situation militaire dans la corne de l'Afrique est scrutée avec attention par de nombreux observateurs, certains craignant, en cas d'escalade militaire entre l'Éthiopie et son voisin somalien, une possible contagion dans d'autres pays musulmans riverains de l'Éthiopie : l'Érythrée (en froid chronique avec l'Éthiopie à laquelle elle a été rattachée durant des décennies) et la république de Djibouti.

Sources