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Allemagne : Merkel sort fragilisée des élections

Angela Merkel en septembre 2017.

26 septembre 2017. – Angela Merkel réussit son pari mais sort fragilisée des dernières élections. Les deux formations de droite conservatrice la soutenant, l'alliance CSU/CDU arrive en tête mais avec un score faible, à l'instar des sociaux-démocrates. L'extrême droite réalise une percée, de même que les ultra-libéraux. La chancelière aura du mal à former une coalition stable au Bundestag.

Scores historiques

Comme attendu, les deux formations CDU/CSU soutenant Angela Merkel arrivent en tête des élections législatives, avec au total 33 % des voix sur les listes proportionnelles. L'alliance perd toutefois 65 sièges et réalise une performance mauvaise par rapport à ses niveaux habituels. Les sociaux-démocrates réalisent eux leur pire performance depuis 1933, avec 20,5 % des voix et perd 40 sièges. La formation qui a tendu vers le centre depuis les réformes libérales de Gerhard Schröder au début des années 200 n'a pas réussit à reprendre des voix à la formation de gauche Die Linke créée en 2007, qui réalise elle près de 10 % des voix et gagne cinq sièges.

L'évènement marquant du scrutin est surtout l'émergence de l'extrême droite, le parti Alternative pour l'Allemagne. Il réussit surtout à capter les votes populaires et de la droite, avec une position libérale, conservatrice et eurosceptique et devient la troisième force politique avec 12,6 % des voix et 94 sièges. Le Parti libéral-démocrate fait également un bon score en revenant à la chambre basse.

Coalition introuvable ?

Angela Merkel, au pouvoir depuis 2005, fait maintenant face au défi de la construction d'une nouvelle coalition. Les sociaux-démocrates ont en effet refusé de reconduire la coalition sortante au centre alors qu'ils espèrent se reconstruire dans l'opposition. La seule option permettant la reconduction de Merkel est donc une coalition dite « Jamaïque » en référence au drapeau du pays, réunissant la CSU/CDU (noir), les libéraux (jaune) et les écologistes (vert). Les deux petites formations ont pourtant des fortes divergences, comme sur les centrales thermiques au charbon que les écologistes aimeraient voir fermer. Les ultra-libéraux espèrent eux décrocher le ministère des finances, et s'opposent à toute intégration européenne supplémentaire. Ils se sont notamment prononcés durant la campagne pour l'exclusion de la Grèce de la zone euro, alors que le pays vient pourtant de sortir de la procédure européenne de déficit excessif. En 2013, il avait fallu trois mois de négociations pour conclure un accord de coalition.

SourcesModifier