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Alpes-de-Haute-Provence : Marine Le Pen huée à Digne-les-Bains

29 novembre 2013. – À Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) en France, Marine Le Pen a été huée par un important rassemblement de protestation, alors qu'elle inaugurait la permanence de Marie-Anne Baudoui-Maurel, candidate frontiste aux élections municipales de 2014 à Digne.

Le parti frontiste est en progression dans le département depuis 2011, et la mairie de Digne-les-Bains est une des cibles du parti pour cette campagne. Bien que peu peuplée, la ville est une préfecture, au rôle symbolique évident. Dix ans après la dernière visite de Jean-Marie Le Pen dans le département, la présidente du parti avait donc prévu le déplacement dans les Alpes-de-Haute-Provence pour y lancer la campagne des municipales et soutenir ses candidats dans les deux villes principales du département, Manosque et Digne-les-Bains. Marie-Anne Baudoui-Maurel, tête de liste, est une personnalité connue dans la préfecture : elle a déjà été candidate sur des listes de gauche, puis a mené la liste UMP en 2008, avant de rejoindre le FN.

Le collectif de vigilance anti-raciste à Manosque avait organisé un rassemblement festif d’opposition au « F Haine », soutenu par le NPA, Solidaires, Sud Éducation, les anarchistes d’Alternative libertaire et des associations. La semaine précédant l’inauguration s’est passée en tractages sur les marchés et campagne d’affichage. Sans s’associer à la préparation, Radio-Zinzine, de la communauté auto-gérée Longo Maï, Europe Écologie Les Verts, le syndicat enseignant FSU et le syndicat étudiant UNEF ont relayé l’appel au rassemblement. Les autres organisations de gauche, CGT, CFDT, PCF, Front de gauche et Parti socialiste, ne soutenaient pas l’initiative. De manière inattendue en aussi peu de temps pour un collectif né cet automne, plus de 300 personnes (selon la police), entre 300 et 500 selon le collectif organisateur, se rassemblait devant le kiosque voisin de la permanence FN. Le collectif avait prévu concert, vin et pommé chauds, et des prises de paroles de militants et de personnalités locales. L’une d’elles, Thérèse Dumont, historienne et Résistante du Pas-de-Calais retraitée à Manosque, rappela que la famille Barrière, juive, déportée et assassinée à Auschwitz par les nazis en 1944, vivait dans le bâtiment choisi pour la permanence de Marie-Anne Baudoui-Maurel (le même que pour sa campagne municipale de 2008 avec l’UMP).

C’est devant cette permanence que, de manière spontanée, l’ensemble du rassemblement se déplaça, couvrant sans peine de ses huées le discours pourtant amplifié de Marine Le Pen, qui se réfugia ensuite à l’intérieur. Pendant près d’une heure, les manifestants crièrent leurs slogans hostiles à l’idéologie frontiste, tels que « Dégage, Marine ! ». Les faibles effectifs FN se contentaient de protéger le véhicule de leur présidente et l’accès à la permanence, bientôt renforcés par la police. Les manifestants se contentaient eux de crier des slogans, et des boules de neige ont été lancées. De la glace présente dans l’une d’elle est vraisemblablement responsable de la très légère blessure d’un membre du service d’ordre frontiste.

À l’écart de la manifestation, un jeune Maghrébin était interpellé par la police. Un deuxième rassemblement spontané se constituait devant le commissariat, pour le soutenir. Il sortait après une heure d’audition, libre de toutes charges.

SourcesModifier