Cinq candidats briguent la succession de M. Seillière à la tête du Medef

Publié le 9 mai 2005
Cinq chefs d'entreprise français ont déposé, avant la date limite du lundi 9 mai 2005, un dossier de candidature auprès du Medef, principal syndicat de dirigeants d'entreprises françaises, représentant environ 750 000 entreprises de toute taille, en vue de concourir, le 5 juillet prochain, à l'élection du successeur d'Ernest-Antoine Seillière, actuel président du Medef, dont le mandat arrive à expiration.

Les dossiers de candidature doivent encore être examinés, mardi 10 mai, par le comité statutaire du Medef, habilité à en examiner la régularité.

L'étape suivante sera une série d'auditions, à partir du lundi 16 mai, devant le conseil exécutif du mouvement, qui fera connaître ses préférences le 30 mai, date à laquelle la campagne officielle sera ouverte, en vue du vote qui se tiendra le 5 juillet devant l'Assemblée générale, où voteront 561 personnes qualifiées de « membres actifs ».

Les cinq candidats sont, dans l'ordre alphabétique :

  • Charles Beigbeder, 41 ans, président-directeur général du groupe énergétique Poweo et président de l'organisation patronale Croissance Plus, ancien président-directeur général de la start-up Selftrade.com, par ailleurs frère de l'écrivain, chroniqueur littéraire et ancien publiciste Frédéric Beigbeder, dont la candidature a été annoncée le 2 mai, mais qui paraît, à première vue, n'avoir guère de chances de succès,
  • Yvon Jacob, 62 ans, président du conseil de surveillance de Legris Industries, président du Groupement des fédérations industrielles (GFI), patron de la Fédération des industries mécaniques, par ailleurs membre du bureau et du conseil exécutif du Medef, et ancien député RPR,
  • Hugues-Arnaud Mayer, 46 ans, président-directeur général de la société de textile Abeil, spécialisée dans la fabrication de couettes, par ailleurs président du Medef Auvergne et Puy-de-Dôme, président du comité Innovation et membre du comité statutaire du Medef,
  • Francis Mer, 65 ans, administrateur de la Fédération française de l'acier, président de la Fondation pour l'innovation politique, ancien ministre de l'Économie et des Finances, ancien président-directeur général d'Arcelor,
  • Laurence Parisot, 46 ans, président-directeur général de l'institut de sondage IFOP, président-directeur général d'Optimum, société fabriquant des portes coulissantes de placard, par ailleurs membre du bureau et du conseil exécutif du Medef.

En outre, bien que son nom n'apparaisse pas dans la liste des candidats à la présidence, il faut noter la candidature à la vice-présidence de Guillaume Sarkozy, 54 ans, dirigeant des Tissages de Picardie et président de l'Union des industries textiles, par ailleurs vice-président de l'Union nationale des caisses d'assurance-maladie (Uncam) et actuel vice-président du Medef dans les instances telles que dirigées par M. Seillière, et enfin frère aîné de l'homme politique Nicolas Sarkozy (président de l'UMP, président du conseil général des Hauts-de-Seine et maire de Neuilly-sur-Seine). Guillaume Sarkozy est candidat « en tandem » avec Francis Mer.

Hormis la candidature « de dernière minute » de M. Beigbeder, toutes les candidatures à la succession de M. Seillière étaient déjà officieuses depuis la mi-avril et au moins depuis la réunion du conseil exécutif du Medef qui s'était tenue le 18 avril.

Le Monde souligne que le nombre inhabituel des candidatures serait susceptible de poser un problème inédit à l'organisation patronale. En effet, les procédures statutaires actuelles semblent ne prévoir qu'un seul tour de scrutin, au cours duquel est élu celui des candidats parvenant à réunir sur son nom la majorité absolue des suffrages, sans que soit prévue l'organisation d'un second tour. Le quotidien vespéral émet aussi l'hypothèse que, dans le cas de figure jamais vu où aucun candidat ne franchirait cette barre, le recours à un nouveau processus complet de candidatures, d'auditions, de campagne et d'assemblée générale pourrait s'avérer nécessaire.

Il faut enfin noter que si Reuters présente le tandem Mer-Seillière comme « faisant figure de favori », d'autres voix signalent l'existence de « réticences » et d'un certain « agacement » à son égard au sein des instances dirigeantes du Medef, comme en témoignent, par exemple, les propos de son concurrent Yvon Jacob, tenus jeudi 21 avril au micro de RTL.

Sources