Déprime des ménages en France

Publié le 28 février 2008
L'INSEE vient de confirmer la baisse du moral des ménages en France. Selon l'institut, l'indicateur serait au plus bas depuis 1987, date de sa création, en passant de -34 à -35 corrigé des variations saisonnières. Selon l'étude ainsi réalisée, les Français « s'attendent à une dégradation de la situation du marché du travail au cours des prochains mois » indique l'agence Reuters.

Un signal d'alarme des économistes

Selon le chef économiste au cabinet de recherche Xerfi, Alexander Law, « L'opinion sur la situation financière personnelle est restée stable mais à bas niveau, tandis que l'évolution passée du niveau de vie en France a été jugée négative. Même les récents chiffres plutôt encourageants sur le front du chômage ne trouvent pas grâce aux yeux des Français (…) L'hypothèse de la déprime passagère doit être balayée : la situation s'apparente davantage à une dépression (…) Le solde d'opinion est revenu à son niveau de décembre, non loin de ceux de juillet, deux mois après lesquels l'inflation a augmenté ».

Interrogé par cette même agence, Mathieu Kaiser indique que « le poids croissant des dépenses contraintes dans le budget des ménages réduit leur marge pour réaliser d'autres achats. Les dépenses en biens durables devraient s'en ressentir dans les mois prochains, d'autant que le marché immobilier, en net ralentissement, n'est plus porteur d'achats de biens d'équipement du logement ».

Même son de cloche pour Jean-Louis Mourier de chez Aurel Leven : « C'est la situation la plus défavorable puisqu'il y a à la fois perception d'une augmentation du chômage et de l'inflation. Tout ce qui touche au revenu et à la situation financière en souffre, et du coup les perspectives d'achat se tassent ».

La France ne contrôle plus sa politique monétaire

La même source, Global Inside, par la voix de Diego Iscaro, rappelle que le « pire est que le gouvernement ne peut pas faire grand chose pour stimuler l'activité puisqu'il n'a pas le contrôle de la politique monétaire et qu'il n'a pas de marge de manœuvre budgétaire ».

Cette situation risque donc de s'accentuer après l'adoption définitive, par le Parlement français, du Traité de Lisbonne lequel verra l'abandon de nouveaux pans entiers de souveraineté nationale, notamment en politique d'immigration, de services publics.

La valse des étiquettes

En outre, la valse des étiquettes en matière de produits de première nécessité n'est pas étrangère à cette déprime. Selon Alexander Law « Les Français vivent de plus en plus mal la hausse des prix constatée dans leurs supermarchés (…) l'inflation perçue, et donc celle qui détermine les comportements de consommation, est bien supérieure à l'inflation “réelle” ».

Sources