Deux morts et seize blessés dans un attentat à Jounieh

Publié le 6 mai 2005
À la veille du retour d'exil du général Michel Aoun et de l'examen par le Parlement libanais de possibles modifications de la loi électorale dans la perspective des élections législatives qui doivent se tenir à partir du 29 mai, une bombe a explosé dans la soirée du vendredi 6 mai 2005 à Jounieh, ville à dominante chrétienne maronite située à environ 20 km au nord de Beyrouth.

La police a estimé que, en fonction des dégâts constatés, l'engin devait être composé d'environ 22 kg d'explosifs, sans toutefois pouvoir dire à ce moment-là si ces explosifs avaient été placés à l'intérieur d'un véhicule en stationnement ou simplement dissimulés sous le véhicule lui-même.

L'explosion qui, selon un bilan hospitalier aurait fait deux morts dont une touriste srilankaise et seize blessés, a partiellement détruit le souk (quartier commerçant), ainsi que l'église maronite Saint-Jean et causé de forts dégâts dans les locaux tout proches de la radio privée maronite Saout al Mahaba (« la Voix de la charité »).

Le lien avec le retour d'exil du général Aoun est tentant, non seulement à cause de la date, mais aussi à cause de l'existence, à proximité immédiate du lieu de l'explosion, d'une permanence du Courant national libre (CNL), formation des partisans de M. Aoun.

Un proche de M. Aoun a toutefois émis l'hypothèse que la vraie cible aurait tout aussi bien pu être les locaux de la radio maronite, celle-ci ayant justement diffusé, le jour même, une émission consacrée aux Libanais toujours emprisonnés en Syrie, ceci dans un contexte où le Premier ministre syrien Mohammad Naji Otri vient de déclarer récemment au quotidien espagnol El Pais que les Libanais détenus en Syrie seraient des « terroristes ».

Interrogé par la chaîne de télévision privée libanaise LBCI, le général Aoun a fait savoir qu'il n'entendait rien changer à son programme, et qu'était maintenue la manifestation prévue samedi sur la place des Martyrs à Beyrouth et au cours de laquelle il compte prendre la parole.

Note : dans une déclaration faite sous le couvert de l'anonymat par un officier de police à un reporter de l'AFP, le bilan pourrait être sensiblement différent : cette personne évoque un total de 22 blessés dont 5 toujours hospitalisés, et aucune personne tuée. On a parlé aussi, pour évoquer la personne qui aurait été tuée, soit d'une touriste srilankaise, soit d'un travailleur srilankais, tandis que les estimations sur le poids des explosifs sont allées de 20 à 25 kg en passant par 22...

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