Evo Morales débute sa tournée européenne par une étape à Madrid

Publié le 5 janvier 2006
Le président élu bolivien, Evo Morales, premier Amérindien élu à la tête d'un pays en Amérique, poursuit sa tournée de présentation avant de prendre ses fonctions, vraisemblablement le 22 janvier 2006.

Evo Morales

M. Morales est arrivé en Espagne mercredi 4 janvier, en provenance de Caracas (Venezuela), où il avait rencontré le président Hugo Chávez et, auparavant, le président cubain Fidel Castro à La Havane. C'est d'ailleurs à bord d'un avion affrété par le gouvernement vénézuélien qu'il est arrivé sur le sol espagnol.

Au cours de ses deux jours de visite, le président élu a rencontré divers responsables politiques ou dirigeants économiques espagnols de premier plan.

Si la rencontre entre l'ancien syndicaliste et chef de file de planteurs de coca avec le roi Juan Carlos, au palais de la Zarzuela, a revêtu un caractère essentiellement « protocolaire », les conversations de M. Morales avec le président du gouvernement, José Luis Rodríguez Zapatero, ont pris un tour plus « politique ».

En effet, au cours de son entretien avec M. Zapatero, M. Morales s'est vu proposer un gel de la dette de la Bolivie à l'égard de l'Espagne, les remboursements prévus devant être remplacés par la mise en œuvre de programmes d'éducation en Bolivie, ce dont M. Morales s'est félicité, affirmant sa volonté de réduire le taux d'analphabétisme dans son pays grâce à cette aide indirecte. Le gouvernement espagnol a également fait part de son intention d'aider le secteur agricole bolivien, dans l'espoir d'aider à réduire la part de la culture des feuilles de coca dans l'économie bolivienne. Le président élu est toutefois resté plus flou sur ce dernier point, estimant que les partenaires étrangers ne pouvaient « être maîtres des ressources naturelles ».

Après ses entretiens politiques, M. Morales a également rencontré divers « décideurs » du monde économique espagnol, parmi lesquels Antonio Brufau Niubó, président-directeur général du groupe énergétique Repsol YPF. À plusieurs reprises au cours de ces deux journées de visite, il a insisté sur la nécessité pour les Espagnols d'accompagner le développement de la Bolivie, notamment par des investissements accrus.

Au deuxième jour de sa visite, il a rencontré des dirigeants syndicaux et le chef d'un petit parti de gauche.

La tournée de présentation de M. Morales devrait ensuite le conduire à Bruxelles (Belgique, où il rencontrera Javier Solana, le Haut représentant de la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne), La Haye (Pays-Bas, où il devrait rencontrer Bernard Bot, ministre des Affaires étrangères, pour un dîner de travail) et enfin Paris (France, où il devrait être reçu par le président Jacques Chirac) puis, hors d'Europe, à Pretoria (Afrique du Sud) , Pékin (Chine) et Brasilia (Brésil).

Sources