Ouvrir le menu principal

France : l'Assemblée nationale vote en première lecture la pénalisation de la négation du génocide arménien

22 décembre 2011. – Alors que l'Assemblée nationale a approuvé le texte visant à pénaliser la négation de génocide arménien en première lecture, la Turquie a rappelé son ambassadeur. De nombreux manifestants étaient présents devant les grilles du palais Bourbon pour protester contre le texte proposé par la député UMP des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer.

Des avis en France contrastés

Patrick Ollier, ministre des Relations avec le Parlement, a souhaité préciser que le texte a été adopté par « douze pays de l'Union Européenne ». Mme Boyer va plus loin en expliquant que « la Russie, l’Argentine, le Canada, la Suède, la Suisse et la Slovaquie, ont des textes reconnaissant le génocide arménien et que la Suisse et la Slovaquie ont un dispositif pénalisant la négation du génocide ».

Plus tôt dans la journée, François Bayrou commentait qu'« il n'est pas raisonnable que la loi se mêle maintenant d'entraîner devant des tribunaux, de faire payer des amendes et de mettre en prison des gens qui nieraient, ou diraient, dans une controverse historique, qu'ils ne sont pas de cet avis », pour lui « la France, il y a dix ans, a fait un geste unique parmi les nations en reconnaissant que les événements de 1915 en Turquie avaient été un génocide » et que maintenant « ce n'est pas à la loi de régler les problèmes de l'histoire ». De même pour Jean-Michel Baylet, sénateur et président du Parti radical de gauche, a expliqué que « les radicaux de gauche sont opposés à cette nouvelle loi mémorielle » et que par conséquent ils « ne voteront pas la proposition de loi ».

Réaction turque

Recep Tayyip Erdoğan, le premier ministre turc, a condamné violemment la loi en dénonçant « une politique fondée sur le racisme, la discrimination et la xénophobie », et que « cela va ouvrir des plaies irréparables et très graves dans les relations bilatérales ».

Réaction arménienne

Le ministre des affaires étrangères arménien, Edouard Nalbandian, a souhaité « exprimer [sa] gratitude aux plus hautes autorités de la France, à l'Assemblée nationale et au peuple français ».

Voir aussi

Sources