Guerre en Ukraine : les référendums des quatre territoires pro-Moscou majoritairement favorables au rattachement à la Russie

Publié le 29 septembre 2022
Le 27 septembre, les quatre territoires pro-Moscou occupés de l’Ukraine ont publié le résultat du référendum majoritairement en faveur du rattachement avec la Russie : 99,2 % pour la république autoproclamée de Donetsk, 98 % pour celle de Louhansk, 93,11 % pour la administration militaro-civile de Zaporijjia et 87,05 % pour celle de Kherson.

Carte indiquant par une ligne en pointillé rouge la partie des oblasts ukrainiens sous contrôle de la Russie ou de ses alliés.

Dénonçant une farce, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que ces « pseudo-référendums » sont la répétition du « même scénario qu'en Crimée » et que donc Kiev ne pouvait mener de négociation avec Moscou :

« nous agirons pour protéger notre peuple: dans la région de Kherson, de Zaporijjia, du Donbass, de Kharkiv et en Crimée »

Volodymyr Zelensky, 27 septembre.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, s'est rendue pour la troisième fois en Ukraine, où elle a rencontré Volodymyr Zelensky et a réaffirmé l'opposition de la France au référendum :

« Il s'agit d'une mascarade. Il n'y a aucune sincérité dans les votes qui ont pu être exprimés. Ils n'ont aucune légitimité, aucune valeur. Nous ne les reconnaîtrons pas, ils entraîneront des sanctions de la part de la France, de l'Europe et d'autres États de la communauté internationale. On ne peut pas rester neutre. La France a fait son choix, c'est celui d'un refus du retour aux impérialismes et aux colonies. »

Catherine Colonna, 27 septembre.

« Au moment où la Russie renouvelle sa rhétorique agressive, où elle organise les simulacres de référendums qui signent son statut d'État paria et au moment où des incidents inexpliqués ont lieu dans la mer Baltique, nous aurons à maintenir notre engagement dans la durée. »

Catherine Colonna, 29 septembre.

Le 20 septembre, le président français Emmanuel Macron avait condamné de nouveau les « simulacres de référendums » d'autant que la Russie a déporté la population du Donbass :

« je pense que c'est une parodie, ce qui a été annoncé par la Russie. La seule chose qui existe, c'est la guerre décidée par la Russie, la résistance de l'Ukraine et la fin de la guerre que nous souhaitons »

Emmanuel Macron, 20 septembre.

« La Russie a déclaré la guerre, envahi cette région, elle l'a bombardée, elle a tué des gens, elle a fait fuir d'autres gens et maintenant, dans cette même région, elle explique qu'elle va organiser un référendum. Si ça n'était pas tragique, nous pourrions en rire. C'est du cynisme et donc évidemment que ce ne sera pas reconnu au niveau international et que ça n'aura aucune conséquence sur le plan juridique »

Emmanuel Macron, 20 septembre.

« Aujourd'hui, nous avons une guerre d'annexion lancée par la Russie contre l'Ukraine. La guerre continue avec des offensives et contre offensives. Les conditions ne sont pas remplies et ceci n'a pas d'existence légale. Il s'agit d'une provocation supplémentaire [qui] n'aura aucune conséquence sur la position qui est la nôtre »

Emmanuel Macron, 20 septembre.

Pour le président français, la « seule chose » qui pourra avoir un « résultat dans ce conflit » est le « retrait des forces russes » :

« La Russie doit quitter le territoire ukrainien, les armées russes doivent quitter le territoire ukrainien qui est souverain, la Russie doit respecter les frontières internationalement reconnues. L'idée même d'organiser des référendums dans des régions qui ont subi la guerre, qui ont subi des bombardements, ou les gens ont dû fuir, est la signature du cynisme. »

Emmanuel Macron, 20 septembre.

À la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, le président français a condamné la « division du monde » entre le Nord et le Sud par le « blocs » de l'envahisseur russe et ses alliés :

« l'heure n'est ni à la revanche contre l'occident, ni à l'opposition de l'ouest contre le reste, elle est au sursaut collectif de nos pays souverains et égaux face aux défis contemporains. »

Emmanuel Macron, 20 septembre.

Le président français a demandé l'aide de tous les dirigeants du monde à faire cesser cette guerre impérialiste russe car « nous avons tous un rôle pour y mettre un terme car nous en payons tous le prix » :

« ce à quoi nous assistons depuis le 24 février dernier est un retour à l'âge des impérialismes et des colonies. La France le refuse et recherchera obstinément la paix. Qui est hégémonique aujourd'hui si ce n'est la Russie ? Ceux qui se taisent aujourd'hui servent malgré eux, ou secrètement avec une certaine complicité, la cause d'un nouvel impérialisme, d'un cynisme contemporain qui désagrège notre ordre international sans lequel la paix n'est possible. »

Emmanuel Macron, 20 septembre.

Dans un entretien à la chaîne BFMTV, Emmanuel Macron avait appelé à tenir face au « chantage » nucléaire russe :

« il y a aujourd'hui une escalade prise par la Russie : la mobilisation partielle et ce discours belliqueux, cette menace, qui a vocation à intimider ou à rappeler que la Russie est une puissance dotée [de l'arme nucléaire]. Notre devoir, c'est d'aider l'Ukraine à protéger son territoire, jamais à pouvoir agresser la Russie. Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie. Nous voulons que l'Ukraine puisse restaurer sa souveraineté. »

Emmanuel Macron, 22 septembre.

Le vice-président russe du conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, a ressorti la menace nucléaire :

« la Russie est obligée d'utiliser l'arme la plus redoutable contre le régime ukrainien qui a commis un acte d'agression à grande échelle, dangereux pour l'existence même de notre État. »

Dmitri Medvedev, le 27 septembre.

Le 28 septembre, les responsables des quatre territoires pro-Moscou ont déclaré qu’ils demanderaient au président russe Vladimir Poutine de les intégrer à la Russie. Le président de la RPL, Leonid Passetchnik, et le président de la RPD, Denis Pouchiline ont indiqué se rendre à Moscou pour formaliser l’annexion à la Russie.

Le chef de l’administration d’occupation de Kherson, Vladimir Saldo, ainsi que le chef de l'administration d'occupation de Zaporijjia, Evgenij Balitchi, ont envoyé chacun une lettre de demande de rattachement à la Russie au président russe Vladimir Poutine.

SourcesModifier

 
Dossier
Pour plus de détails sur ce sujet, Wikinews a établi le dossier Conflit russo-ukrainien.
Ce dossier permet de situer cet article dans son contexte.
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