Interrogations sur l'adhésion de la Russie à l'OMC

18 juin 2009. – Une semaine après l'adoption de la « décision historique » de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan d'adhérer à l'OMC au sein d'une alliance, aucune autorité ne l'a officiellement annoncée à l'organisation, lit-on jeudi dans les quotidiens Vedomosti et Vremia novosteï.

Certains experts estiment que la Russie a reporté son intégration à l'OMC pour une durée indéterminée.

Vladimir Poutine a déclaré la semaine dernière que la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan révoquaient leurs requêtes individuelles d'adhésion à l'OMC et tenteraient d'entrer dans l'organisation commerciale au sein de l'Union douanière. Selon un participant aux négociations de la partie russe, il s'agit d'une « décision historique pour la Russie ».

À la suite de la révocation de facto réalisée par M. Poutine, l'OMC doit recevoir dans un avenir proche les documents officiels, explique Dmitri Peskov, porte-parole du chef du gouvernement russe. L'Union douanière reste toujours en gestation, c'est pourquoi la Biélorussie s'abstient de rappeler sa requête individuelle, souligne Sergueï Moussienko, membre du conseil public auprès de l'administration du président biélorusse.

Selon Maxime Medvedkov, principal négociateur russe et directeur du département des négociations commerciales du ministère russe du Développement économique, la procédure n'exige pas de notification spéciale: « Aucune lettre n'étant nécessaire pour arrêter les négociations, il suffit tout simplement de ne pas les mener ou d'annoncer leur cessation ».

Un certain nombre d'experts estiment que les négociateurs tentent par conséquent de conserver leur liberté de manœuvre : si l'adhésion collective se trouve dans une impasse, il sera toujours possible de revenir au système précédent. La Russie a franchi 95 % de la voie vers l'OMC, le Kazakhstan près de 70 % et la Biélorussie environ 50 %, fait remarquer M. Medvedkov.

Du côté de Minsk, « les récentes démarches des autorités russes envers les produits laitiers biélorusses remettent en question l'adoption éventuelle de normes et de standards unis par les deux pays. On cherche donc à savoir s'il nous est vraiment nécessaire d'y adhérer en bloc », ajoute M. Moussienko.

« La Russie n'a apparemment besoin ni de l'OMC, ni de l'Union douanière », résume l'analyste politique Mikhaïl Vinogradov. « Les perspectives de l'union restent toujours assez floues, tandis que l'entrée à l'OMC a été mise de coté pour une durée indéterminée ».


Cet article reprend la totalité ou des extraits de la dépêche de l'agence de presse RIA Novosti Flag of Russia.svg intitulée
«  La Russie fait une croix sur l'OMC, flou autour de l'Union douanière (Vedomosti / Vremia novosteï) » datée du 18 juin 2009.

Sources



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