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Iran : le discours d'Hassan Rohani sème le doute dans la communauté internationale

Le président iranien, Hassan Rohani, s’est exprimé à la tribune de l’ONU le 24 septembre dernier.


1er octobre 2013. – Plusieurs points sensibles ont été évoqués, du programme nucléaire de son pays à la question syrienne. La sincérité de ses propos est remise en question par de nombreux opposants qui lui imputent la responsabilité du massacre d’Achraf au début du mois de septembre 2013 qui a fait 52 morts et 7 otages.

Un changement de ton pour le même fond

Le discours d’Hassan Rohani aux Nations Unies marque un changement de stratégie diplomatique clair entre son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, et lui. Les occidentaux, habitués aux critiques acerbes de l’ancien président iranien assistent le 24 septembre dernier à une allocution toute en modération. Chaque terme est choisi avec précision et rien n’est laissé au hasard par Hassan Rohani.

Longtemps réfuté par Mahmoud Ahmadinejad, l’Holocauste est enfin reconnu par le président iranien, le qualifiant de « grand crime » commis contre les juifs par les nazis. Un petit pas vers l’Occident avant un grand pas en arrière de la part du président : Rohani tient ensuite à préciser qu’il n’est en rien historien et qu’il ne relève donc pas de ses compétences de juger de l’ampleur de ce crime. Il rejoint finalement les discours de son prédécesseur en réfutant toute singularité à l’Holocauste et en rejoignant ce crime contre l’humanité avec la création de l’Etat juif.

La question du nucléaire est également abordée. M. Rohani assure plus de transparence sur l’avancement de son pays dans ses recherches. Mais derrière les paroles, les Occidentaux regrettent l’absence de concession. Si la position officielle du pays rappelle que le développement d’armes nucléaires ou de destruction massive est en total contradiction avec les principes religieux de l’État iranien, le président met en avant le droit de son pays à maîtriser le nucléaire, quoiqu’en pensent les occidentaux.

Si la forme de ce discours se veut conciliante, le fond ne diffère quant à lui pas vraiment des allocutions prononcées par M. Ahmadinejad. La voie de la diplomatie est toutefois clairement affichée par le président Rohani qui souhaite renouer le contact avec les autorités occidentales, toujours perplexes. Entre la prise de position de l’Iran au sujet de la Syrie et le massacre d’opposants au régime iranien dans le camp d’Achraf au début du mois de septembre 2013, les doutes sur la sincérité du président modéré Rohani subsistent.

Le soutien de Rohani à la Syrie et le massacre d’Achraf

Les dirigeants occidentaux restent en effet sur leurs gardes, particulièrement lorsqu’est évoqué le cas de la Syrie. Il est de notoriété internationale que le régime iranien soutient Bachar el-Assad contre les insurgés en Syrie, une aide militaire logistique qui va à l’opposé de la position défendue par la plupart des occidentaux comme la France et surtout, les États-Unis, qui réclament de Rohani un assouplissement de sa position dans ce conflit.

Il y a cependant peu de chance que ces demandes soient satisfaites. La famille Assad et le régime iranien sont alliés politiquement depuis de nombreuses années et partagent une même religion (Bachar el-Assad est alaouite, une branche du chiisme). Loin d’accéder aux exigences des occidentaux, Hassan Rohani demande à ces derniers d’éviter toute « effusion de sang du peuple syrien » en écartant l’option militaire. Une option pourtant prise au début du mois de septembre au camp d’opposants au régime iranien d’Achraf en Irak. La question de la sincérité des propos de Rohani se pose une nouvelle fois.

Le 1er septembre dernier au matin, 52 opposants au régime de Rohani, réfugiés depuis le début des années 90 au camp d’Achraf en Irak, sont tués. Officiellement, aucun responsable précis n’est pointé du doigt par la communauté internationale. Officieusement, les opposants au régime toujours en vie, appartenant au CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne), imputent ce crime au régime iranien qui serait en relation étroite avec le gouvernement irakien depuis la chute de Saddam Hussein. Le doute plane sur les réels responsables et l’opposition accuse Rohani.

Quelques jours seulement avant l’attaque au camp d’Achraf, l’Iran était en discussion avec le ministre de l’Intérieur irakien. Après l’attaque, les Gardiens de la Révolution du régime iranien ont publié un communiqué dans lequel ils se réjouissent de cette attaque commise, selon eux, par « les forces djihadistes irakiennes ». Désormais, 7 résidents du camp d’Achraf sont pris en otage et détenus près de Bagdad où les forces irakiennes souhaitent les remettre aux autorités iraniennes, information donnée par Catherine Ashton, la première vice-présidente de la Commission européenne, qui a précisé son « inquiétude », assurant « qu’il y a un risque important qu’ils soient extradés vers l’Iran ».

SourcesModifier