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Le Commonwealth envisage son élargissement à 6 nouveaux pays

Drapeau du Commonwealth
Drapeau du Commonwealth

Localisation des 53 ays membres du Commonwealth
Localisation des 53 pays
membres du Commonwealth

La reine Élisabeth II Drapeau personnel de la reine en dehors des 16 États dont elle est le chef nominal
La reine Élisabeth II et son drapeau personnel (dans les 36 États du Commonwealth dont elle n'est pas le chef d'État nominal)

Localisation de l'Algérie
Localisation de l'Algérie

Localisation d'Israël et des territoires dépendant de l'Autorité palestinienne
Localisation d'Israël et des territoires dépendant de l'Autorité palestinienne

Localisation du Rwanda
Localisation du Rwanda

Localisation du Soudan
Localisation du Soudan

Localisation du Yémen
Localisation du Yémen

21 décembre 2006. – Les milieux diplomatiques internationaux bruissent de rumeurs et déclarations diverses concernant un possible élargissement du Commonwealth, à l'occasion du sommet des chefs d'État et de gouvernement de cette organisation, qui doit se tenir en novembre 2007 à Kampala, en Ouganda.

Le secrétaire général de l'organisation, Don McKinnon, ancien vice-Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères de Nouvelle-Zélande, s'est exprimé lors d'une conférence de presse, samedi 16 décembre 2006, au cours de laquelle il a annoncé la mise en place d'un groupe officieux de diplomates et personnalités, conduit par l'ancien Premier ministre jamaïcain, Percival Patterson, groupe chargé de se pencher sur les questions posées par cet éventuel élargissement.

M. McKinnon s'est toutefois refusé à lister nommément les pays qui seraient susceptibles de se porter candidats à l'admission au sein du Commonwealth, ni à préciser si tous les candidats accéderaient à l'adhésion de plein droit ou à titre d'États associés ou de simples observateurs.

Les « milieux diplomatiques » proches du Commonwealth évoquent toutefois les noms de l'Algérie, d'Israël, du Rwanda, du Soudan, des territoires gérés par l'Autorité palestienne et du Yémen.

Le Commonwealth, qui a remplacé progressivement, au cours des 120 dernières années, l'ancien Empire britannique, groupe traditionnellement des pays, anglophones ou pas, ayant eu ou ayant conservé des liens structurels avec la couronne britannique ou ayant été, temporairement, sous administration britannique (mandat international confié au Royaume-Uni). Sur les 53 États membres de l'organisation, 16 sont dirigés nominalement par la reine Élisabeth II, qui y dispose du titre de reine, tandis que les 36 autres, incluant des républiques et des monarchies indépendantes, lui reconnaissent le titre de « chef du Commonwealth » (Head of Commonwealth).

Le seul membre actuel du Commonwealth n'ayant jamais eu de liens de ce genre est le Mozambique, ancienne colonie portugaise ayant accédé à l'indépendance en 1975 et qui a rejoint l'organisation en 1995. Le Cameroun, qui avait été admis à la même occasion, présente un cas de figure légèrement différent : le pays était une colonie allemande dont l'administration, après la Première Guerre mondiale, a été partagée entre la France (pour la majeure partie) et le Royaume-Uni.

La ministre de la Coopération du Rwanda, Rosemary Museminali, a confirmé officiellement que son pays était candidat à l'admission au sein du Commonwealth. Le Rwanda, considéré depuis la Première Guerre mondiale comme se trouvant dans la sphère d'influence francophone (ancienne colonie allemande passée sous mandat confié à la Belgique), a notablement distendu ses liens avec la France depuis le génocide de 1994, la crise s'étant récemment envenimée après le mandat d'arrêt international lancé par le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière contre une dizaine de proches du président Paul Kagamé, nommément accusé d'être mêlé au complot ayant conduit à la destruction de l'avion transportant les présidents du Rwanda et du Burundi en 1994, attentat qui avait servi de signal au déclenchement du génocide. En retour, les actuelles autorités rwandaises accusent avec de plus en plus d'insistance des militaires français de n'avoir rien fait pour arrêter le génocide et ont rompu les relations diplomatiques avec la France.

Israël et les territoires administrés par l'Autorité palestinienne ont été sous mandat britannique pendant une trentaine d'années après la fin de la Première Guerre mondiale, après avoir été sous administration de l'Empire ottoman durant plusieurs siècles.

Le Soudan a été sous condominium de l'Égypte et du Royaume-Uni, de 1899 à 1956.

Le Yémen est un cas particulier, en raison de sa formation territoriale « compliquée ». L'ancien Yémen du Nord, autrefois sous administration ottomane directe, est devenu autonome en 1911 et indépendant en 1918. L'ancien Yémen du Sud comprenait la colonie d'Aden et ses dépendances, sous administration britannique depuis 1839, et les divers émirats composant les protectorats occidental et oriental d'Aden, venus ultérieurement sous le giron britannique, l'indépendance du Yémen du Sud étant survenue en 1967.

Le cas de l'Algérie, dont une large frange de la population est francophone et dont tout le Nord du pays a constitué des départements français pendant un siècle jusqu'à l'indépendance en 1962, semble plus complexe à analyser. On remarque que le président français Jacques Chirac est désireux, depuis plusieurs années, de signer un traité d'amitié avec son voisin d'« outre-Méditerranée », en dépit des blessures et cicatrices laissées par la guerre d'Algérie, mais que le président algérien Bouteflika retarde sans arrêt la signature d'un traité de ce genre, et semble en éloigner la perspective, en accusant périodiquement la France d'avoir perpétré un « génocide » sur les Algériens durant les huit années du conflit. L'Algérie se tient d'ailleurs depuis des décennies à distance de l'Organisation internationale de la Francophonie, que ce soit comme membre à part entière, membre associé ou simple observateur.

Sources

Sources anglophones