Moubarak ne renonce pas au pouvoir, mais délègue certains de ses pouvoirs à Souleiman

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██ Départ / Mort (Libye) du chef de l’État ██ Manifestations prolongées et répression ██ Changement de gouvernement et manifestations ██ Manifestations prolongées ██ Protestations mineures

██ Pays non-arabes touchés par un mouvement social simultanément aux révoltes arabes
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Ce soir, le président égyptien Mohammed Hosni Moubarak a annoncé ne pas abandonner le pouvoir et ne pas quitter le pays. Il confie malgré tout à son vice-président Omar Souleiman une partie de ses pouvoirs.

Quitter l'Égypte n'est pas dans les projets d'Hosni Moubarak.

10 février 2011. – Ces déclarations ont mis fin à plusieurs heures de rumeurs sur un possible départ du président Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans. Ces rumeurs ont été déclenchées par un communiqué de l'armée qui assurait que les demandes du peuple allaient être accomplies. Les manifestants de la place Tahrir espéraient un discours d'adieu, ils explosent quand ils comprennent que le raïs ne démissionne pas : « Dégage ! » s'écrie la foule. « Ce mec veut que le pays soit encore plus enragé. Il ne veut pas partir pour faire revenir la paix » déclare un manifestant à CNN.

Dans l'allocution qu'il a enregistrée, le président explique qu’il tenait à « endosser ses responsabilités » jusqu’à la tenue d’élections « libres et démocratiques » en septembre. Il répète encore une fois qu’il ne briguera pas de nouveau mandat. Il affirme également que les demandes de son peuple sont « légitimes » et promet que les réformes promises auront bien lieu. Il promet que les responsables des crimes qui ont ensanglanté le pays durant les 17 jours de protestation seront punis et il présente ses excuses aux familles des victimes.

Hosni Moubarak a annoncé qu’il transférait son pouvoir au vice-président, Omar Souleiman, sans préciser quelles étaient les conditions de cette passation. M. Souleiman, général et jusque-là chef des services de renseignement, avait été nommé à la suite d'une réunion de crise le 29 janvier. Bien qu'étant admiré par la majorité des Égyptiens pour son parcours militaire et ayant une réputation d'homme intègre, sa nomination n'avait pas changé la détermination des manifestants à chasser le président et à faire tomber un système dont il fait partie. Hosni Moubarak assure qu’il n’obéira pas à des ordres en provenance de l’étranger, visant en particulier les États-Unis et les pays européens, ainsi que la presse étrangère, en particulier la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera.

Le vice-président, Omar Souleimane, s'est également adressé à la nation. Il a promis de tout « mettre en œuvre pour garantir la transition pacifique du pouvoir » et a invité les manifestants à « rentrer chez eux, et à retourner au travail ». Malgré les deux discours, la place Tahrir ne se vide pas, ce qui laisse penser que le mouvement va perdurer.

Sources



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