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Québec : début du témoignage de Gérald Tremblay à la commission Charbonneau

Gérald Tremblay, alors qu'il était maire de Montréal

26 avril 2013. – L'ancien maire de Montréal Gérald Tremblay a commencé hier à témoigner à la commission Charbonneau qui se penche sur la corruption et la collusion dans le domaine de la construction au Québec. Il a nié être au courant de situation irrégulières dans le financement de son parti et dans la gestion des affaires de la ville et affirmé avoir agi promptement lorsque des situations irrégulières ont été soulevées. Le maire avait été contraint à démissionner en novembre 2012 après que plusieurs allégations aient surgi de la même commission concernant son administration et avait réclamé d'être entendu devant la commission.

« Je ne suis pas naïf »Modifier

Visiblement, Gérald Tremblay a choisi de présenter un visage de dirigeant responsable et compétent devant la commission. Lorsque questionné sur son rôle dans l'administration de la métropole québécoise, il a à maintes reprises rappelé les réalisations de son administration et les défis qui existaient lors de son arrivée au pouvoir en 2002 à la tête de la ville récemment fusionnée. Au cours de la matinée, l'ex-maire a expliqué son parcours politique, de son passage à un ministère québécois dans le gouvernement de Robert Bourassa jusqu'à son élection dans le rôle de maire. À chaque occasion qui se présentait, Tremblay a rappelé qu'il était impossible pour un maire ou un ministre d'être au courant de chaque décision prise dans l'administration, insistant sur l'importance de déléguer les pouvoirs et responsabilités et de faire confiance aux personnes choisies.

Lorsque questionné sur le financement de ses activités politiques, Gérald Tremblay a spécifié qu'il ne s'était jamais occupé de ce dossier, à l'exception de sa première campagne à la mairie où il a sollicité l'aide de sa conjointe et de ses proches pour des montants d'argent respectant les limites prescrites par la loi. Dans le dossier du financement, au niveau provincial ou municipal, il a expliqué que son rôle se limitait à suivre les instructions des responsables des levées de fonds, de se présenter dans des événements, d'expliquer la vision de son gouvernement et de quitter. Il affirme qu'il n'a jamais été plus impliqué dans la gestion de l'argent du parti, laissant cette responsabilité à d'autres.

Pressé de questions par la procureur en chef de la commission et la commissaire Charbonneau sur son incapacité à identifier les situations problématiques soulevées lors de la commission par les différents témoins, l'ex-maire Tremblay a déclaré qu'il n'était pas naïf, ni qu'il faisait de l'aveuglement volontaire. Il a rappelé qu'en tant maire, il n'était pas outillé pour détecter des situations problématiques pour lesquelles il a fallu utiliser des moyens d'enquête approfondis tels que la filature et l'écoute électronique. Il a aussi insisté, en donnant plusieurs exemples, sur le fait qu'à chaque fois où il a été informé d'une situation problématique, il a agi promptement pour corriger la situation.

À propos de Bernard TrépanierModifier

Au sujet de Bernard Trépanier, ex-collecteur de fonds du parti, Gérald Tremblay a expliqué devant la commission qu'il avait congédié ce dernier puisqu'il aurait demandé un pot-de-vin de 1 million de dollars à des promoteurs immobiliers pour permettre des constructions dans le quartier Villeray-St-Michel-Parc-Extension. Tremblay en aurait discuté avec le chef de la police de Montréal de l'époque pour qu'une enquête policière soit faite mais ce dernier aurait dit qu'il n'était pas possible de faire enquête étant donné qu'aucun acte n'aurait été commis.

Selon Tremblay, après ce congédiement de Trépanier, la présence de l'ex-directeur du financement congédié à des événements de financement n'était pas problématique puisque dans la tête du maire, sa présence se faisait à titre de citoyen, non à titre de représentant du parti. L'ex-maire soutient qu'il ne savait pas que Bernard Trépanier continuait à jouir du statut de collecteur de fonds pour le parti après son congédiement.

Pas de 3%Modifier

En début de témoignage, le maire Tremblay a insisté sur le fait qu'il est impossible que le parti Union Montréal qu'il représentait ait demandé une ristourne de 3% sur les contrats octroyés. Il a continué en affirmant que le parti n'avait pas besoin d'une telle ristourne pour gagner les élections et que la régularité des finances du parti était garantie par le dépôt d'un rapport annuel préparé par son agent officiel au Directeur général des élections. Il a tout de même admis ne pas s'intéresser au financement. Questionné par les commissaires sur l'apparente contradiction entre le fait de ne pas s'intéresser aux finances du parti et le fait de garantir leur régularité, l'ex-maire n'a pas su répondre autre chose que de souligner l'absence de reproches de la part du DGE qui implique la légalité des opérations.

Voir aussiModifier

SourcesModifier