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Ramush Haradinaj a été acquitté par le Tribunal pénal international

Le bâtiment du Tribunal pénal international à La Haye.

4 avril 2008. – L'ancien Premier ministre du Kosovo Ramush Haradinaj, jugé pour crimes contre l'humanité pendant les combats de 1998-1999, a été acquitté par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie de La Haye. Le TPIY l'a acquitté à la suite de l'impossibilité rencontrée par les procureurs d'établir qu'il avait mené une campagne délibérée visant à tuer ou à chasser les civils serbes du Kosovo.

Également sur le banc des accusés, Idriz Balaj, ancien commandant d'une unité spéciale de l'Armée de libération du Kosovo, a également été acquitté alors que Lahi Brahimaj, autre responsable de l'UCK, a été condamné à six ans de prison pour avoir torturé et fait torturer des prisonniers. Les trois hommes, qui plaidaient non coupables, étaient accusés de torture, meurtre, viol et déportation et des peines de 25 ans de prison avaient été requises contre eux.

Le déroulement du procès a été à plusieurs reprises remis en cause, en particulier après la mort suspecte de neuf témoins de l’accusation, dont trois protégés. À la suite de ces morts, beaucoup de témoins ont en effet préféré revenir sur leurs accusations, obligeant ainsi la défense à renoncer à convoquer des témoins à décharge.

L'annonce du jugement faite par le juge Alphons Orie a été accueillie par des cris de joie et des applaudissements dans le public à majorité kosovare. Au Kosovo, où Ramush Haradinaj est considéré comme un héros, l'annonce du verdict a été suivie par des concerts d'avertisseurs, des feux d'artifice et des tirs. Le gouvernement kosovar a salué le jugement qui, selon le communiqué, « confirme que la lutte de l'UCK était juste et que la guerre de libération a été menée en conformité avec les règles et conventions internationales ».

De son côté le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a jugé que « le tribunal de La Haye se moque de la justice et des victimes innocentes de Haradinaj », jugeant que ce tribunal n'a été créé que pour « émettre un certificat d'innocence envers des personnes qui ont commis des crimes »

Sources