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Religions : plus proche du texte latin, la nouvelle traduction anglaise du Missel romain déroute les fidèles

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« And with your spirit » traduction littérale de « et cum spiritu tuo », remplace à partir du premier dimanche de l'Avent (27 novembre 2011), le traditionnel « And with you » dans la liturgie romaine anglophone de nombreux pays. 70 millions de catholiques américains vont devoir se familiariser avec la nouvelle traduction officielle du Missel dominical, littéralement littérale…

27 novembre 2011. –

Retraduction littérale, entreprise collégiale

Le pape a reçu, le 7 novembre, son nouveau Missel anglais officiellement approuvé le 17 octobre.

Cette nouvelle version suit désormais à la lettre les recommandations post-concilaires du Vatican de 2001 qui exigent une traduction intégrale « et d’une manière aussi exacte que possible, sans omissions ni additions en ce qui concerne le contenu ».

Le travail d'harmonisation de l'ensemble du rite romain (missel, bréviaires, rituels...) de langue anglaise a été préparé entre 2002 et 2008 par l'ICEL[1] (International Commission on English in the Liturgy), sous la houlette du Saint-Siège (Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements Vox Clara[2]).

Une « entreprise vraiment collégiale », selon Benoît XVI[3], « non seulement les 5 continents sont représentés parmi les membres du Comité, mais vous avez été attentifs à prendre en compte les contributions des conférences épiscopales des territoires anglophones du monde entier. »

Retour dans le giron romain pour les catholiques anglophones

Dorénavant, les catholiques anglophones devront donc suivre l'office dans la nouvelle traduction estampillée par Rome, à moins de suivre le rite tridentin (jamais abrogé).

Dans l'enthousiasme de Vatican II, l'adaptation de la liturgie latine à l'anglais avait généré des imprécisions doctrinales et des pratiques contraires à l'unité de l'Église catholique, déjà fustigées par les évêques britanniques en 1975 [4] alors que le nouveau Missel de Paul VI [5] n'avait que 6 ans (1969).

La nouvelle version recadre ces points doctrinaux dont se sont écartés les anglophones depuis 40 ans, (unicité au lieu de consubstantialité, par exemple). Mais elle a déjà rencontré de nombreuses oppositions.

Des associations de prêtres irlandais la trouvent trop littérale et difficile à comprendre pour les fidèles. Des jésuites américains, comme le très actif Père Ryan, l'estiment contraire à l’esprit de liberté de Vatican II.

Pour Anthony Ruff, moine bénédictin et célèbre liturgiste, démissionnaire de l'ICEL, l'œuvre collégiale serait surtout celle « d'un petit groupe », sans consultation du bas-clergé ni des laïcs, et imposée par Rome aux évêques « en violation de leur autorité épiscopale légitime ».

D'ailleurs, jusqu'aux évêques, comme celui d'Erié, on ne compte plus les hermétiques à l'ineffable et autres subtilités apophatiques du divin, qui obligent à se plonger dans les arcanes de la cosmogonie et de la théologie chrétiennes.

Si « La vraie nouveauté naît toujours dans le retour aux sources », selon Edgar Morin, cet enracinement romain aura au moins pour effet étonnant d'inverser la Querelle des Anciens et des Modernes.

Sans le latin, sans le latin.…

Notes

Sources