Shavkat Mirziyoyev s'adresse à la COP 28 : l'économie verte est un objectif stratégique du Nouvel Ouzbékistan

Publié le 7 décembre 2023
Le changement climatique est devenu l'un des principaux défis au développement durable de l'Asie centrale et des régions adjacentes dans le contexte de la tragédie de la mer d'Aral, a déclaré le président de l'Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, le 1ᵉʳ décembre, à Dubaï, lors du sommet COP 28. Il a remarqué que la transition vers une économie verte et la neutralité carbone étaient « un objectif stratégique du nouvel Ouzbékistan ».

Shavkat Mirziyoyev

Au sommet mondial sur le climat ont participé les chefs d'État et de gouvernement de plus de 150 pays, ainsi que des organisations internationales et des institutions financières influentes. L'ordre du jour de l'événement comprenait la mise en œuvre des principales dispositions de la convention des Nations unies sur le changement climatique, la lutte contre les menaces et les risques environnementaux modernes, ainsi qu'une large coopération dans le cadre de la promotion des buts et des objectifs du développement « vert ».

Shavkat Mirziyoyev a constaté qu'en Asie centrale, les températures s'élèvent deux fois plus vite que la moyenne mondiale, le nombre de journées extrêmement chaudes a doublé et un tiers des glaciers ont fondu.

« Les problèmes tels que la dégradation des sols, les fréquentes tempêtes de poussière, les pénuries d'eau potable, la pollution de l'air, la perte de la biodiversité, la réduction brutale des rendements agricoles et bien d'autres encore affectent négativement la qualité de vie de millions d'habitants de la région », a ajouté le président Mirziyoyev.

Il a souligné que la priorité stratégique de l'Ouzbékistan est la transition vers une économie verte et la neutralité carbone.

Lors de la session plénière, Shavkat Mirziyoyev a fait toute une série de propositions. Il a notamment soutenu le mécanisme-cadre mondial sur l'adaptation au changement climatique prévu par l'Accord de Paris et a salué la création du Fonds mondial « pertes et dommages ».

Le président de l'Ouzbékistan a souligné qu'il était important que la Banque mondiale et les institutions financières internationales soutiennent activement ces mécanismes afin de fournir une aide substantielle aux pays souffrant du changement climatique.

Selon M. Mirziyoyev, la transition mondiale vers une économie à faibles émissions de carbone doit être équitable et tenir compte des intérêts des pays en développement. Il a suggéré que la question soit régulièrement examinée, y compris lors des sommets du G7 et du G20.

Afin de transformer la région de la mer d'Aral en une zone d'innovation et de technologies climatiques, Shavkat Mirziyoyev a appelé à une coopération étroite pour créer un pôle international d'exposition des technologies climatiques dans cette région.

Il a également présenté l'idée d'établir des échanges scientifiques intensifs et des recherches collectives sur la plateforme du Forum scientifique sur le climat basé à l'Université verte, avec la participation de scientifiques et d'experts étrangers de premier plan.

M. Mirziyoyev a fait part des projets d'organiser en 2024, en coopération avec les Nations unies, une conférence sur les « Migrations climatiques », et a proposé des initiatives visant à développer, en collaboration avec l'Organisation internationale du travail, un programme intitulé « Emploi vert » et à créer un Centre de modélisation de l'impact du changement climatique sur l'emploi.

À la fin de son discours, le président de l'Ouzbékistan a appelé à soutenir le Forum international de Samarkande sur le climat qui aura lieu l'année prochaine et à adopter une résolution spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies reflétant les approches communes des pays d'Asie centrale.

Depuis 2017, Shavkat Mirziyoyev a entrepris une série de réformes en Ouzbékistan visant à faire de l'économie verte l'un des vecteurs de croissance du pays et à limiter les impacts de son développement sur l'environnement et le climat.

M. Mirziyoyev prévoit d'augmenter la proportion des sources d'énergie renouvelable dans la structure de production d'électricité pour la porter à 25 % d'ici à 2030. Des investissements importants sont réalisés dans les secteurs de l'énergie solaire, éolienne et hydroélectrique et cet objectif devrait être atteint avant la fin de la décennie. Le pays doit également apprendre à économiser l’eau, qu'il utilise abondamment pour l'agriculture irriguée, mais qui devient insuffisante pour répondre à la demande, notamment en raison du changement climatique qui affecte les grands glaciers constituant la source d'approvisionnement en eau de la région.

Une des plus graves catastrophes environnementales anthropiques a été la disparition de la mer d'Aral. La mer d'Aral a disparu en quelques décennies seulement, en raison d'utilisation erronée des systèmes d'irrigation pendant l'ère soviétique et du changement climatique. Cela a fortement impacté le climat local et tous les aspects de la vie dans la région. Chaque année, les tempêtes de sable soulèvent dans l'air plus de 100 millions de tonnes de poussière et de sels toxiques provenant des fonds marins asséchés.

L'Ouzbékistan bénéficie de l'aide de partenaires internationaux pour mettre en œuvre des initiatives visant à réhabiliter cette zone sinistrée. En 2018, le Fonds d'affectation spéciale pour la mer d'Aral des Nations unies a été créé, dont l'Ouzbékistan et l'Union européenne sont les principaux donateurs.


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