Différences entre versions de « Syrie : le nouveau front ouvert par la Turquie peine à avancer »

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Depuis son intervention dans le nord de la Syrie le 24 août, l'armée turque et les rebelles qu'elle soutient ont réussi à prendre à l'État islamique ses dernières positions le long de la frontière turquo-syrienne. L'opération visait aussi et surtout à stopper la jonction des forces kurdes dont Ankara craint l’hégémonie dans le nord de la Syrie. Tous les regards sont désormais tournés vers la ville d'al-Bab, dernier bastion de l'État islamique dans le nord-syrien, mais le front peine à avancer malgré un soutien aérien.
 
; Un front qui peinepiétine à avancer
[[Image:Turkish_Offensive_in_Northern_Syria.png|vignette|Le front rebelle ouvert par la Turquie le long de sa frontière (en vert), et visant à prendre les territoires de l’État islamique dont al-Bab (en noir) et empêcher la jonction des forces kurdes (en jaune).]]
 
Le 24 août, l'armée turque intervient avec le soutien des États-Unis dans le nord de la Syrie avec le soutien des États-Unis. Quelque 500 soldats turquesturcs et leur blindés pénètrent alors avec des centaines de rebelles syriens dans la ville de {{w|Jarablus}} et la reprennent rapidement. Les forces turquo-syriennes parviennent ensuite rapidement à prendre {{w|al-Raï}}, dernier point de passage contrôlé par l'{{w|État islamique (organisation)|organisation État islamique}} (Daech) sur la frontière, puis à relier les forces rebelles d'{{w|Azaz}} à l'ouest. Les groupes rebelles soutenus par la Turquie sont pour beaucoup liés à l'{{w|Armée syrienne libre}}, mais on trouve aussi des groupes islamistes radicaux, comme {{w|Harakat Nour al-Din al-Zenki}} et {{w|Ahrar al-Cham}}.
 
Malgré ses succès rapides, le front n'a que peu avancé en direction d'{{w|al-Bab}} depuis septembre. L’État islamique a mené plusieurs offensives, réussissant à reprendre plusieurs dizaines de villages avant qu'une contre-offensive turquo-rebelle ne réussissentréussisse à les repousser. Plusieurs localités ont ainsi changé de mains de nombreuses fois, le front ne parvenant pas à s'éloigner de plus de dix kilomètres de la frontière turquo-syrienne et à se rapprocher d'al-Bab. Ankara a alors pointé le long travail de déminage puis a annoncé officiellement le 16 septembre l'offensive vers al-Bab. Pourtant, même si l’État islamique commence l'évacuation des familles de ses combattants d'al-Bab vers Raqqa, l'organisation mène de nouveau plusieurs offensives mettant en difficulté les forces rebelles qui ne parviennent toujours pas à prendre définitivement l'ascendant.
 
; La confrontation turquo-kurde en toile de fond
 
L'opération turque, baptisée « bouclier de l'Euphrate », vise cela-dit avant tout à stopper la progression des kurdesKurdes des {{w|Forces démocratiques syriennes}} (FDS) alors que le fleuve Euphrate est vu par les Turcs comme une frontière naturelle des Kurdes ende Syrie. Ankara désigne ainsi comme « terroristes » les forces kurdes comme les combattants de l’État islamique. Les FDS avaient franchi le fleuve lors de l'{{w|offensive de Manbij}} en juin 2016, avec ensuite l'intention de prendre al-Bab puis de continuer à progresser à l'ouest vers l'enclave {{w|Afrin}} et y briser le blocus imposé par leles TurqueTurcs. Voyant ce mouvement comme une menace vitale contre ses intérêts, la Turquie a alors convaincu les Américains de retirer leur soutien aux Kurdes, mettant fin à leur offensive. La coalition aérienne menée par les États-Unis a alors débuté des frappes pour soutenir les forces turquo-rebelles.
 
Malgré un isolement croissant, les forces kurdes ont annoncé la constitution du « Conseil militaires d'al-Bab », dirigé avec leurs alliés arabes. Ils ont ensuite mené fin aout une offensive depuis l'enclave d'Afrin vers al-Bab, mais seuls quelques villages ont été conquis. Ainsi, al-Bab se voit devenir une position stratégique, que les Turcs veulent voir à tout prix capturé par ses alliés, afin d'empêcher définitivement toute jonction kurde dans le nord-syrien. De même, la Turquie peut aussi espérer dans l'avenir ouvrir ici un nouveau front contre le régime syrien de Bachar al-Assad, dont les forces sont présentes au sud d'al-Bab.