Suisse : Doris Leuthard entame une visite délicate à Bruxelles

Publié le 19 juillet 2010
La présidente de la Confédération suisse et ministre de l'économie Doris Leuthard effectue ce lundi une visite à Bruxelles dans un contexte politique délicat : les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne, défendus par l'un, sont de plus en plus critiqués au sein de l'Union. Cette visite s'inscrit ainsi dans le cadre difficile des discutions préliminaires en vue de potentielles « bilatérales III ».

Le Madoutoren, siège de la Commission européenne.

Le planning de cette journée diplomatique s'annonce chargé : la présidente va ainsi successivement rencontrer les présidents du Conseil européen Herman Van Rompuy et de la Commission José Manuel Durão Barroso, de même que les commissaires en charge du marché intérieur Michel Barnier et de la fiscalité Algridas Semeta. Ces visites ont officiellement pour but de débloquer les négociations, actuellement bloquées, sur des accords dans les domaines de l'énergie et du libre-échange ; ce dernier accord est sujet à de nombreux désacords, en particulier dans le domaine fiscal où l'Union européenne critique la souveraineté cantonale.

Plus globalement, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre au sein de l'Union pour critiquer la voie billatérale suivie depuis 1990 avec la Suisse : les quelques 120 accords seraient trop favorables à la Suisse, trop complexes à mettre en œuvre ; cette position a débouché, en 2008, sur une nouvelle doctrine envers la Confédération suisse qui prône la nécessité d'atteindre un « équilibre des intérêts » tout en réclamant un alignement suisse systématique sur la réglementation communautaire. Dans cette optique, la conclusion d'un accord cadre remplaçant la voie du « bilatéralisme sectoriel » entre les deux partenaires est préconisé par la diplomatie européenne.

Sur le plan suisse, le gouvernement doit publier, en août, un rapport sur sa politique d'intégration européenne. De nombreux observateurs ne s'attendent toutefois pas à des proposition trop ambitieuses, la perspective des élections fédérales de 2011 retenant de nombreuses formations politiques d'aborder ce sujet sensible.

Sources