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Suisse : Micheline Calmy-Rey sera bien la présidente de la Confédération en 2011

Photographie officielle de Micheline Calmy-Rey en 2009

9 décembre 2010. – Comme prévu, Micheline Calmy-Rey a été élue mercredi à la présidence tournante de la Suisse pour 2011. Fragilisée par la publication du rapport sur la crise libyenne dans lequel elle est directement mise en cause, elle a cependant obtenu le plus mauvais score jamais enregistré depuis 1919 avec seulement 106 voix sur 189. Dans le même temps, Eveline Widmer-Schlumpf a elle été élue à la vice-présidence.

Outre les 106 députés ayant voté pour Micheline Calmy-Rey, 27 se sont abstenu alors que 88 ont préféré donner leur voix à d'autres conseillers fédéraux, à savoir respectivement Didier Burkhalter (33 voix), Ueli Maurer (20), Eveline Widmer-Schlumpf (20) et Simonetta Sommaruga (10).

Cette mauvaise élection a été qualifiée de « véritable gifle » par certains journalistes qui relèvent que personne n'avait jamais obtenu aussi peu de voix lors d'une élection à la présidence depuis l'introduction du système proportionnel ; le « record » précédent était détenu par Edmund Schulthess qui avait été élu en 1920 avec 136 voix sur 233 possibles. Micheline Calmy-Rey avait déjà obtenu un mauvais score lors de sa première élection en 2006 avec 147 voix sur 192 bulletins valables.

Parmi les réactions à la suite de cette élection, le Parti socialiste suisse a dénoncé l'attitude jugée hypocrite de certains parlementaires qui ont renié le principe de concordance pour « régler leurs comptes dans leur coin » avec la ministre. De l'autre côté, on qualifie ce mauvais score de « leçon et [d'] avertissement » tout en espérant qu'elle « fera preuve de davantage de retenue dans sa fonction présidentielle qu'en tant que ministre ». La principale intéressée a pour sa part qualifié sa mauvaise élection de simple « anecdote politique » et a assurer vouloir s'engager, pendant cette année de présidence qui sera marquée par les élections fédérales, « pour la collégialité et la concordance, pour un collège fort et uni ».

De son côté, Eveline Widmer-Schlumpf est élue à la vice-présidence du Conseil fédéral avec 146 voix sur 222 bulletins ; elle était soutenue par l'ensemble des partis politiques à l'exception de l'Union démocratique du centre (UDC) qui avait laissé la liberté de vote. Selon le système de rotation en vigueur, elle devrait accéder à la présidence en 2012 ; il faudrait cependant pour cela qu'elle soit réélue l'année prochaine au Conseil fédéral, ce qui semble de plus en plus improbable au vu du manque de soutien dont elle dispose et de l'hostilité de l'UDC à son égard.

Sources