Suisse : chamboulement au Conseil fédéral
Publié le 28 septembre 2010
Lundi dans la journée, un simple communiqué de presse[1] de la Chancellerie fédérale a fait l'effet d'une bombe dans le petit monde de la politique fédérale suisse : quatre des sept départements fédéraux du Conseil fédéral changent en effet de mains à la suite de l'élection de deux nouveaux conseillers qui n'ont pas, comme le veut la tradition, hérité des départements de leurs prédécesseurs.
La nouvelle répartition des départements est donc la suivante :
- le Département fédéral de l'environnement (DETEC) est pris en charge par Doris Leuthard qui remplace le démissionnaire Moritz Leuenberger
- le Département fédéral des finances (DFF) revient à Eveline Widmer-Schlumpf qui replace le démissionnaire Hans-Rudolf Merz
- le Département fédéral de justice et police, jusqu'alors tenu par Eveline Widmer-Schlumpf, revient à la nouvelle élue Simonetta Sommaruga
- le Département fédéral de l'économie, auparavant détenu par Doris Leuthard, revient à l'autre nouvel élu Johann Schneider-Ammann
- les trois autres départements (de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intérieur) ne changent pas de mains et restent respectivement sous la direction d'Ueli Maurer, de Micheline Calmy-Rey et de Didier Burkhalter.
Cette répartition, qui intervient une année seulement avant les élections fédérales, est une surprise pour les observateurs : un changement d'une telle ampleur ne s'est plus vu depuis 2002 où trois conseillers fédéraux avaient changé de poste. La répartition ne s'est visiblement pas faite sans problèmes, le gouvernement ayant du procéder à une votation pour valider les choix ; la méthode traditionnelle de recherche de consensus entre les sept membres de l'exécutif a donc échoué lundi matin, en partie à la suite du non respect de la règle de l'ancienneté qui aurait laissée Simonetta Sommaruga exprimer son choix avant Johann Schneider-Ammann.
Selon un spécialiste, ce choix traduit la représentation d'une majorité de conseillers fédéraux issus des trois partis du centre-droit que sont le Parti libéral-radical (PLR), le Parti démocrate-chrétien (PDC) et le Parti bourgeois-démocratique (PBD) qui peuvent faire pression sur leurs collègues pour « mettre en avant leurs aspirations ». La gauche, et en particulier le Parti socialiste ne décolère pas : pour la première fois, il n'obtient aucun ministère clé et, pour la première fois, une non-juriste devra diriger le département de la justice.
À l'inverse, la présidente de la Confédération Doris Leuthard a répondu aux souhaits de son parti en reprenant le plus gros département, celui de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, qui était revendiqué par les PDC.
Références et notes
- ↑ Communiqué de presse : ((fr)) « Le Conseil fédéral a procédé à la répartition des départements ». Chancellerie fédérale (Suisse), 27 septembre 2010.
Sources
- ((fr)) – ATS / boi, « Leuthard au DETEC, Widmer-Schlumpf aux Finances ». Télévision suisse romande, 27 septembre 2010.
- ((fr)) – Yves Petignat, « Le Conseil fédéral, un champ de bataille ». Le Temps, 27 septembre 2010.
- ((fr)) – Dale Bechtel, « Bouleversements au gouvernement ». Swissinfo, 27 septembre 2010.