Suisse : d'anciens responsables de l'UBS renoncent à 33 millions d'indemnités

Publié le 26 novembre 2008
À la suite des difficultés rencontrées par la banque suisse UBS depuis le déclenchement de la crise économique de 2008, Marcel Ospel, ancien président du conseil d'administration et deux de ses anciens membres, Stephan Haeringer et Marco Suter, ont annoncé renoncer à 33 millions de francs d'indemnités.

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Selon un communiqué publié par Jörg Denzler, porte-parole des anciens responsables, ce montant, dont les deux tiers viendraient de Marcel Ospel, correspondent à la « part effective des salaires et autres indemnités », composé pour partie de montants déjà versés et rendus à l'UBS et d'une partie qui leur était encore due par la banque. Selon le communiqué, les trois hommes « sont conscients du fait qu'ils auraient donné, à diverses décisions prises à l'époque, un tour différent s’ils avaient bénéficié des connaissances aujourd’hui acquises » ; il précise également que cette renonciation est volontaire et « ne signifie donc aucunement la reconnaissance d’une faute au sens juridique ».

Cette annonce survient l'avant-veille de l'assemblée générale extraordinaire de la banque. Elle répond à un appel lancé par le président du conseil d'administration Peter Kurer, ayant précédemment invité les anciens dirigeants de la banque à restituer une partie de leur salaire. Quelques jours plus tôt, l'ancien directeur général de la banque Peter Wuffli avait déjà annoncé renoncer à 12 millions de francs suisses de sa rémunération contractuelle.

Depuis le 1er janvier 2008, l'action UBS s'est en effet effondrée de 72,5 % à la suite des annonces de dépréciations d'actifs qui atteignent 46,9 milliards de dollars. La banque, recapitalisée par l'État pour 6 milliards de francs, a dû également compter avec des retraits de clients pour 83,6 milliards de francs suisses au troisième trimestre de l'année 2008.

Si le porte-parole de la banque, Christoph Meier, s'est contenté de confirmer et de saluer ce geste, il n'a toutefois pas souhaité commenter plus amplement l'information. Plusieurs réactions ont été relevées dans le monde politique, en particulier de Christian Levrat, le chef du Parti socialiste suisse qui indique que la question de la responsabilité de Marcel Ospel reste ouverte : « ce versement ne devant pas lui permettre de se décharger de toutes responsabilités » estime-t-il.

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