Suisse : les autorités s'engagent à combattre la pauvreté

Publié le 11 novembre 2010
Organisée ce mardi par le conseiller fédéral Didier Burkhalter, la conférence nationale sur la pauvreté intitulée « Lutter ensemble contre la pauvreté »[1] a débouché sur une déclaration commune dans laquelle la Confédération, les cantons et les communes s'engagent à combattre ce problème, principalement par l'insertion sur le marché du travail et par le versement de prestations complémentaires pour les familles. Cette initiative est cependant critiquée par plusieurs personnalités politiques qui dénoncent un manque de décisions concrètes.

La pauvreté touche de plus en plus les familles nombreuses.

En mars 2010, le Conseil fédéral avait livré, sur demande du Conseil national un rapport décrivant la « stratégie globale de la Suisse de lutte contre la pauvreté » qui devait s'axer autour de six thèmes : les enfants, les familles, la transition école – formation – emploi, le chômage, la vieillesse et les effets de seuils et qui proposait une série de mesures pour s'attaquer à ce problème présent même en Suisse, pourtant l'un des pays les plus riches du monde. Selon les statistiques, une personne sur 10 (soit entre 700 000 et 900 000 personnes) et principalement des jeunes et des familles nombreuses, vivrait en effet en dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 200 francs par mois pour une personne seule et 4 000 francs pour un couple avec deux enfants.

C'est dans le cadre de cette stratégie globale que le Département de l'Intérieur a organisé cette conférence nationale qui devait réunir non seulement les acteurs étatiques, mais également plusieurs organisations non gouvernementales actives dans ce domaine. Le but de cette journée devait être de renforcer la collaboration interinstitutionnelle dans les deux thèmes principaux que sont le soutien aux familles et l'intégration dans le monde du travail. Plusieurs intervenants ont ainsi plaidé pour la création d'une instance permettant d'assurer le suivi et l'évaluation de la mise en œuvre de cette stratégie globale.

En ouverture de cette journée, Didier Burkhalter a reconnu que « si notre pays est globalement à l’aise, il y a pourtant en son sein une catégorie de la population qui souffre de la pauvreté. Le reconnaître, c’est déjà faire un grand pas vers les solutions ». Cette reconnaissance n'est cependant pas suffisante pour plusieurs intervenants politiques qui dénoncent un manque d'actions de la part du gouvernement fédéral qui, selon le conseiller national Stéphane Rossini, « se borne à recommander aux autres d’agir, y compris là où elle pourrait le faire ». Les personnes touchées par la pauvreté qui ont eu la possibilité de s'exprimer lors de la manifestation de mardi ont également plaidé pour prendre des mesures rapides, pour « agir au lieu de converser » comme le dit une intervenante.

D'autres intervenants ont relevé que cette conférence devait être le premier pas d'une action à plus long terme. En effet, si la pauvreté a largement diminué chez les personnes âgées lors ce ces dernières décennies, d'autres couches de la population sont maintenant touchées : les familles monoparentales, les familles de trois enfants et plus, les working poor et enfin les chômeurs de longue durée ou en fin de droit.

Référence et sources

  1. Communiqué de presse : ((fr)) « Conférence nationale «Lutter ensemble contre la pauvreté» ». Chancellerie fédérale (Suisse), 9 novembre 2010.

Sources