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Suisse : selon Tony Brunner, Schengen est responsable de l'augmentation de la criminalité

Photographie officielle de Toni Brunner.

2 mai 2010. – Dans son discours d'ouverture de l'assemblée des délégués de l'Union démocratique du centre (UDC) samedi à Näfels, dans le canton de Glaris, le président du parti Toni Brunner a vivement critiqué l'entrée en vigueur de la convention de Schengen, qui est, selon lui, « à l'origine d'une augmentation de la criminalité en Suisse ». Cette affirmation, qui ne se base que sur peu de statistiques, est vivement combattue en particulier par Micheline Calmy-Rey, qui soutient une thèse totalement opposée.

Dans son discours, Toni Brunner a également affirmé que la Suisse « a totalement perdu le contrôle de l'immigration » après avoir supprimé le contrôle systématique des personnes aux frontières depuis décembre 2008, subissant ainsi la plus importante perte de souveraineté jamais connue par le pays. Il déplore en particulier l'obligation faite à la Suisse de reprendre les modification de l'accord décidées par l'Union européenne.

M. Brunner a ensuite appelé les délégués de son parti à continuer leur combat en faveur de la sécurité nationale ; il a dénoncé les partis de gauche et du centre pour leur passivité devant cette augmentation de la criminalité et a terminé par un hommage à l'initiative lancée par l'UDC sur le renvoi des criminels étrangers, combattue par l'ensemble des autres partis nationaux.

Cependant, la seule donnée chiffrée utilisée par l'UDC pour démontrer ses affirmations consiste en la statistique suisse de la criminalité pour 2009 qui montre, selon le parti, un nombre record de délits violents dans le pays. Ces chiffres ne peuvent toutefois pas être comparés avec ceux des années précédentes, la base de données et la méthode de calcul ayant été modifiée. De même, aucun chiffre montrant une hausses des délits commis par des étrangers n'a pu être mis en avant ; l'Office fédéral de la statistique avance qu'un tiers des infractions au code pénal serait commis par des étrangers résidant en Suisse, dont 4 % sont de requérants d'asile et 14 % d'étrangers sans permis d'établissement.

À l'inverse, dans un interview accordé samedi à La Tribune de Genève, la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey déclare qu'aucun lien n'existe entre l'augmentation de la criminalité et l'accord de Schengen. Elle fait en particulier remarquer que le nombre de cambriolages a baissé depuis l'introduction de Schengen.

Sources