Téléphonie : SFR prêt à racheter Bouygues Telecom pour 10 milliards d'euros

Publié le 21 juin 2015
Patrick Drahi, le propriétaire de SFR-Numericable, s'est dit prêt à racheter son concurrent, Bouygues Telecom, pour la somme de 10 milliards d’euros. Un conseil d’administration de Bouygues a été convoqué mardi prochain pour examiner l'offre.

Logo de SFR.

D'après plusieurs médias l'offre de rachat a été déposée il y a une dizaine de jours et le conseil d'administration de Bouygues, convoqué mardi, devra dire s'il est décidé ou non à accepter cette proposition. Martin Bouygues, le président-directeur général du groupe Bouygues Telecom, a fait savoir qu'il souhaite obtenir 11 milliards d’euros pour le rachat de son groupe qui compte près de 11 millions de clients.

Selon le JDD, l'offre est 25 % plus élevé que la valorisation de Bouygues Telecom par les marchés. Le JDD cite une source proche des négociations selon laquelle SFR pourrait améliorer son offre d’ici à mardi. La proposition s'accompagne d'une reprise par Free (Iliad) d’une partie du réseau mobile de Bouygues Telecom - des fréquences, des antennes et des boutiques - et d’une reprise par Orange de centaines de salariés de Bouygues Telecom.

Ce n'est pas la première fois qu'une telle fusion est envisagée. En effet, en 2014, la situation était inversée. Bouygues avait fait une offre sur SFR mais c'est finalement Patrick Drahi, le patron d'Altice et de sa filiale Numericable, qui avait remporté la mise.

Si cette offre est acceptée par le conseil administration de Bouygues, SFR deviendrait le premier opérateur en France sur le mobile avec la moitié du marché et le deuxième pour l’accès à internet derrière Orange.

Emmanuel Macron, le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, a laissé entendre son opposition à l’opération : « Le temps n’est pas à des rapprochements opportunistes auxquels plusieurs peuvent trouver un intérêt qui ne retrouve pas ici l’intérêt général ». Il insiste sur les défauts de ce projet : « Je dis et répète que la consolidation n’est pas aujourd’hui souhaitable pour le secteur. L’emploi, l’investissement et le meilleur service aux consommateurs sont les priorités. Or les conséquences d’une consolidation sont à ces égards négatives, comme l’ont prouvé les cas récents en Europe. »

Rappelons que Bouygues Telecom est le troisième des quatre opérateurs de téléphonie mobile nationaux français après Orange, SFR mais avant Free Mobile qui existe depuis janvier 2012.

Sources

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