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Zimbabwe : arrestation du chef de l'opposition

Localisation du Zimbabwe
Carte du Zimbabwe

11 mars 2007. – Morgan Tsvangirai, fondateur et président du Movement for Democratic Change (MDC), principal parti de l'opposition politique au Zimbabwe, ainsi que cinq autres responsables de son parti [1], ont été arrêtés, par la police anti-émeutes, dimanche 11 mars 2007, alors que leur cortège automobile se rendait à une réunion de prières organisée dans un stade de la capitale, Harare.

Les forces de l'ordre ont déployé les grands moyens pour empêcher la tenue du rassemblement oppositionnel au président Robert Mugabe, en recourant à des canons à eau et à des jets de grenades lacrymogènes, pour tenter de disperser la foule des manifestants.

Au cours des affrontements, un manifestant aurait été tué par la police, tandis que trois policiers auraient été blessés, selon un porte-parole de la police.

Un porte-parole du MDC a pour sa part démenti que la réunion de prières envisagée ait pu présenter le caractère d'un rassemblement oppositionnel au président Robert Mugabe, au pouvoir sans interruption depuis 1980, d'abord comme Premier ministre puis, à partir de 1987, comme président de la République.

Morgan Tsvangirai, aujourd'hui âgé de 55 ans, a commencé à travailler comme mineur en 1974, dans une mine de nickel, qu'il avait quittée dix ans plus tard pour prendre la tête du syndicat des mineurs puis, en 1988, celle de la Zimbabwe Congress of Trade Unions) (ZCTU), la fédération des syndicats zimbabwéens.

Il avait été arrêté une première fois en 1989, durant six semaines, et avait été accusé d'« espionnage » au profit de l'Afrique du Sud, à l'époque toujours dirigée par une classe politique non noire. Il avait également été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat.

Morgan Tsvangirai avait fondé le Mouvement pour le changement démocratique en 1999, parvenant à y fédérer une grande partie de l'opposition au président Mugabe.

Contre toute attente, lors du référendum constitutionnel des 12 et 13 février 2000, le « non » à la réforme constitutionnelle proposée par le président Mugabe l'emportait par 54,7 % des suffrages et, quatre mois plus tard, les 24 et 25 juin, lors des élections à la Chambre d'assemblée (la chambre basse du parlement), le MDC remportait 57 des 120 sièges, le parti présidentiel, la Zimbabwe African National Union - Patriotic Front (ZANU-PF) deant se contenter d'une majorité étriquée, avec 62 sièges.

Robert Mugabe avait été réélu, en mars 2002, face à Morgan Tsvangirai, à l'issue d'un scrutin au cours duquel il aurait officiellement remporté 56 % des voix, mais de nombreux observateurs internationaux avaient alors argüé que le scrutin aurait été accompagné d'intimidations et de violences et aurait été entaché de nombreuses fraudes électorales.

Le leader du MDC avait été de nouveau arrêté, à l'issue des élections législatives de juin 2000 (où lui-même n'avait pas été élu) et accusé de « trahison », accusation dont il avait été blanchi ultérieurement.

Il avait de nouveau été mis en cause pour un prétendu complot qui aurait visé à l'assassinat du président sortant, en mars 2002, puis finalement mis hors de cause en 2004.

Le 31 mars 2005, à l'occasion du renouvellement des 120 sièges de députés de la Chambre d'assemblée soumis au suffrage universel [2], alors que les observateurs internationaux faisaient part de leurs doutes sur al sincérité du scrutin, le parti présidentiel, la ZANU-PF, avait remporté 78 sièges de députés, face à 41 sièges pour le MDC et 1 siège pour une personnalité indépendante.

De précédents rassemblements du MDC avaient déjà été empêchés par la police dans le courant du mois de février, tandis que le régime du président Mugabe, ajourd'hui âgé de 83 ans, semble se radicaliser à mesure que s'accroît la crise économique (avec une inflation annuelle estimée à 1 700 %), et que le vieux dirigeant accuse ouvertement le Royaume-Uni et les États-Unis se soutenir ses opposants pour préparer un changement de régime.

Notes

Sources

Source francophone
Sources anglophones