Astronomie : Éris se révèle plus massif que Pluton

Publié le 15 juin 2007
On savait depuis bientôt six mois qu'Éris était légèrement plus grand que Pluton[1], de nouvelles observations viennent de montrer qu'il est également 27 % plus massif que son congénère[2], enfonçant le clou de la rétrogradation de Pluton du statut de planète à celui de planète naine en août dernier[3].

Tailles comparées d'Éris, Pluton et quelques-uns des plus gros objets connus (la Terre en bas).

Pour mémoire : depuis sa découverte en 1930 jusqu'à 2006, Pluton a été considéré comme la neuvième planète du système solaire, la plus éloignée du Soleil mais également la plus petite. Au début des années 2000, les découvertes de plus en plus fréquentes d'objets similaires en taille aux confins du système solaire ont alors amené l'instance chargée de coordonner les travaux des astronomes à travers le monde (Union astronomique internationale) à se poser la question de ce qu'est réellement une planète. Ces réflexions ont aboutit à une refonte de la nomenclature des objets orbitant autour du Soleil, avec la création d'un nouveau type d'objet : les planètes naines, dont font désormais partie Pluton et Éris[4].

Cette décision de déchoir Pluton de son rang de planète avait provoqué l'émoi d'une petite partie de la communauté scientifique et du grand public[5], qui conservait l'espoir de voir cette décision annulée ultérieurement.

Ces mesures récentes tendent à confirmer que Pluton n'est pas le « roi de la ceinture de Kuiper » comme on l'a longtemps cru, mais un objet somme toute assez commun dans cette région reculée.

Mike Brown — co-découvreur d'Éris en 2005, et à l'origine de ces nouvelles mesures — a trouvé un allié précieux pour calculer sa masse : Dysnomie, le satellite naturel d'Éris. L'observation très précise de l'orbite du satellite à l'aide du télescope spatial Hubble et du Keck de Hawai a permis, par déduction, de remonter à la masse de chacune des composantes, ce qui donne pour Éris 1,67 x 1022 ± 0.02 x 1022 kilogrammes.

Ces résultats sont publiés dans la revue scientifique Science datée du 15 juin 2007[6].

Notes

Sources