Allemagne : une ministre qualifie de cyniques ceux qui s'inquiètent plus des factures de gaz que des vies humaines

Publié le 13 septembre 2022

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock (2021).

Alors que l'Allemagne se dirige vers une récession pour la fin de l'année 2022, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock a qualifié de « cyniques » les inquiétudes de ses compatriotes qui craignent que l'augmentation du prix de leurs factures de gaz et d'électricité conduise à une qualité de vie plus dur que celles des habitants d'Ukraine et d'Afrique. Un ménage moyen allemand doit payer 3 717 euros pour 20 000 kWh de gaz (18,6 centimes le kWh), alors qu'en Ukraine, des gens n'ont ni gaz ni électricité.

Le 7 septembre, le Bundestag (Berlin) a débattu sur la réduction du budget du ministère fédéral des Affaires étrangères passant de 7,11 milliards d'euros en 2022 à 6,4 milliards d'euros en 2023, dont :

  • la part qui finance la paix dans le monde, passant de 4,07 milliards d'euros en 2022 à 3,43 milliards d'euros en 2023;
  • la part qui finance l'aide humanitaire passant de 3 milliards d'euros à 2,52 milliards d'euros;
  • la part qui finance la coopération bilatérale passant de 164,96 millions d'euros à 147,62 millions d'euros;
  • la part qui finance la culture allemande à l'étranger passant de 1,03 milliard d'euros à 972,6 millions d'euros.

La ministre écologiste a défendu l'importance d'aider les pays qui ont le plus besoin de « soutien financier » notamment l'Ukraine dont la guerre est menée avec des armes, avec le gaz et du pétrole, mais aussi avec des mensonges et des faux récits propagés par la Russie qui à envahit et occupe une partie de l'Ukraine. « Notre puissance diplomatique sauve des vies. Chaque minute, nous essayons » d'apporter la paix, a rajouté Annalena Baerbock.

Le producteur de gaz russe Gazprom qui représente 55 % de l'approvisionnement total allemand, a baissé drastiquement sa livraison de gaz ces derniers mois avant de l'arrêter totalement début septembre. La « réduction de l’approvisionnement » en gaz russe et la « hausse drastique des prix » qu’elle a déclenché, notamment de +185 % pour celui du gaz sur un an, fait des « ravages sur l’économie » allemande a déclaré un communiqué de l’institut allemand de recherches économiques (IFO) publié le 12 septembre.

Le président de la banque centrale allemande, Joachim Nagel, a déclaré le 11 septembre qu'il est « possible » que l'Allemagne entre en récession à la fin de l'année 2022.

L'IFO prévoit pour le quatrième trimestre 2022 une chute de 0,2 % du PIB puis de 0,4 % au premier trimestre 2023, et un abaissement de 4 points de la croissance de l’Allemagne. L’inflation va passer de 8,1 % en 2022 à 11 % au cours du premier trimestre 2023. Et pas de retour à la normal (une croissance de 1,8 %) avant 2024.

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