Arménie-Azerbaïdjan : au moins 100 morts dans de nouveaux affrontements

Publié le 14 septembre 2022

Territoires cédés (en orange) par l'Artsakh à l'Azerbaïdjan après la guerre des Quatre Jours de 2016.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, à 00h05 (22h05, à Paris, 12 septembre) de nouveaux affrontements ont éclaté entre l'Arménie, alliée de l'Artsakh, et l'Azerbaïdjan, faisant plus de 100 morts. L'Arménie et Azerbaïdjan se rejettent mutuellement la responsabilité, l'Arménie accusant l'Azerbaïdjan d'avoir commis un « bombardement intensif » et l'Azerbaïdjan accusant l'Arménie d'« actes subversifs ». Les combats ont duré toute la nuit ainsi qu'à l'aube du 13 septembre.

La Russie a demandé un cessez-le-feu le 13 septembre à 6 h GMT (8 h à Paris, 9 h à Moscou), mais l'Azerbaïdjan a accusé dans l'après-midi, l'Arménie de le violer et a dû donc prendre des « mesures de riposte ». Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a demandé à l'Arménie de « cesser ses provocations » contre l'Azerbaïdjan.

Dans la soirée, à la demande de l'Arménie, une visioconférence a réuni les membres de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dont le président russe Vladimir Poutine.

Le ministère arménien de la Défense a déclaré que l'artillerie et les drones de l'Azerbaïdjan, avait frappé des « infrastructures militaires et civiles » de plusieurs villes comme Kapan, Martouni, Artanish, Jermuk, Vardenis, Goris et Sotk. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé le decès de 49 militaires arméniens tandis que le ministère azerbaïdjanais de la Défense a annoncé le décès de « cinquante militaires azerbaïdjanais ».

De nouveaux combats ont éclaté le 14 septembre, a déclaré le ministère arménien de la Défense.

Un conflit de plus de 100 ans

Le premier conflit entre l'Arménie, l'Artsakh et l'Azerbaïdjan a eu lieu un an après la chute de l'empire de Russie (1721 – 1917) qui avait incorporé, plus d'un siècle avant, le khanat du Karabagh, un territoire divisé en trois parties : Haut-Karabagh, Bas-Karabagh et Siounie. En 1918, les Arméniens, Azeris et Géorgiens se séparèrent de la république socialiste fédérative soviétique de Russie pour se réunir dans la république fédérative démocratique de Transcaucasie qui éclata au bout de quelques semaines en quatre républiques indépendantes, la république démocratique de Géorgie, la république démocratique d'Arménie, la république arménienne de la montagne et la république démocratique d'Azerbaïdjan. L'Arménie et l'Azerbaïdjan vont dès lors se disputer l'Artsakh (majoritairement arménienne) avant d'être reprises sous le contrôle de Moscou en 1920 : la république socialiste soviétique d'Arménie et la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan. En 1923, Moscou renomme l'Artsakh en Nagorno-Karabakhskaya avtonomnaya oblast (Oblast autonome du Haut-Karabagh ou Nagorny Karabakh) et le cède à l'Azerbaïdjan.

En 1988, l'Artsakh a lancé une lutte d'indépendance pour se séparer de l'Azerbaïdjan. L'Artsakh s'autoproclame république en 1991 et signe avec l'Azerbaïdjan le cessez-le-feu de Bichkek en 1994.

Mais l'Azerbaïdjan considère comme « illégale » la présence de « soldats arméniens » en Artsakh, et dès 2008, des conflits vont régulièrement éclater, années après années, en 2010, 2012, 2014, 2016, 2018, 2020 et 2021-2022, avec des victoires de l'Azerbaïdjan qui vont parfois obliger l'Artsakh à lui concéder des parties de son territoire.

Sources

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