Belgique : la facture annuelle énérgétique des ménages a augmenté de 4000 euros

Publié le 19 août 2022
D'après Damien Ernst, chercheur en réseaux électriques à l'Université de Liège et à Télécom Paris, la facture annuelle énergétique d'un ménage belge a augmenté de 4 000 euros depuis le mois de février où la facture annuelle n'était que de 3 000 euros par an. L'explosion du prix de l'électricité est dû à l'indisponibilité de plusieurs centrales nucléaires françaises, les faibles précipitations d'eau pour les barrages et un prix du gaz 13 fois plus cher qu'il y a deux ans (la Russie exportait alors l’équivalent en gaz de 200 réacteurs nucléaires).

La centrale nucléaire française de Cattenom.

Un ménage belge qui consomme 3,5 MWh d'électricité à 520 euros par MWh, a une facture annuelle de 1 900 euros (3,5*520*1,06 de TVA). S'il consomme 17,5 MWh de gaz à 270 euros par MWh, la facture s'élève à 5 000 euros (17,5*270*1,06), soit un total de près de 7 000 euros par an. Pour un ménage français, l'augmentation de la facture est de 4 000 à 5 000 euros par an, moins forte que la facture belge malgré un prix plus cher (553 euros par MWh au 18 août) grâce à l'ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Ce bouclier tarifaire a coûté 8,34 milliards d’euros à EDF qui a demandé son remboursement à l'État français après que ce dernier a annoncé une procédure de renationalisation.

Avec une augmentation de 500 % en un an, le prix de l'électricité en Allemagne fait partie des plus élevés avec les trois pays baltes dont 571 euros par MWh pour la Lituanie tandis que l'Espagne et le Portugal sont tout en bas du classement avec 134 euros par MWh. En Lituanie, certains magasins éteignent leurs lumières pendant une heure et envisagent même de ne plus travailler, comme en Estonie où certains cafés ferment durant une heure faisant une économie d'électricité de 375 euros.

Le classement de l'impact du prix de l’énergie entre les ménages pauvres et les ménages riches du Fonds monétaire international (FMI) publié le 3 août, place la France en deuxième position (derrière la Hongrie) avec un impact inférieur à 5 % et devant le Royaume-Uni qui a un impact supérieur à 10 %.

Le nouveau coût du gouvernement français en « perte de charge ou défaillance » (sécurité d’approvisionnement électrique de la France) est de 33 000 euros par MWh non distribué, 3 heures par an et 2 heures de délestage. Mais malgré cela, Damien Ernst ne prévoit pas un retour des prix à la normale avant le mois de novembre.

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