Belgique : le réacteur nucléaire Doel 3 a été débranché du réseau électrique

Publié le 25 septembre 2022

Doel (prov. de Flandre-Orientale, Belgique). Centrale nucléaire vue depuis Lillo sur la rive opposée de l'Escaut.

Le fournisseur d'électricité Engie - Electrabel, a déclaré que le réacteur nucléaire Doel 3 a été débranché du réseau électrique, le 23 septembre à 21 h 31. Il produisait 10 % de l'électricité de la Belgique.

Les combustibles du réacteur vont être plongés dans des bassins d'eau froide pour être refroidis pendant trois à cinq ans, avant le stockage souterrain définitif. Le découpage des parties internes du réacteur puis la démolition du bâtiment prendra au moins 10 ans, pour un coût total d'environ un milliard d'euros.

Ce réacteur de la centrale nucléaire de Doel, qui en compte quatre et qui est installée dans le port d'Anvers (Région flamande), fournissait 1 006 mégawatts (MW).

La Belgique compte encore trois autres réacteurs en activité à la centrale nucléaire de Tihange (Wallonie). Ces sept réacteurs assuraient 52 % de l'électricité (5 931 MW) de la Belgique, loin devant le gaz (25 %), l’éolien (12 %) et le solaire (5 %). L'arrêt à l'horizon 2025 puis le démantèlement de ces sept réacteurs coûtera un total de 6,3 milliards d'euros.

La vice-Première ministre écologiste Petra De Sutter s'était dite « choquée » par la demande de la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, de reporter le démantèlement de Doel 3, qui aurait pu être prolongé d'au-moins 10 ans. L'ancienne ministre (MR) de l'Énergie (2014 – 2020), Marie-Christine Marghem, a réclamé l'abrogation de la loi de sortie du nucléaire qu'elle juge « has been ».

L'association Greenpeace a assuré que « la fermeture de Doel 3 ne pose aucun problème pour l'approvisionnement et n'a pas d'impact sur le prix de l'électricité ».

En attendant, la Belgique prévoit de produire les 1 006 MW manquant à partir de gaz naturel liquéfié (GNL) provenant des États-Unis ou du Qatar, ce qui augmentera l’émission de CO2 de 3,2 millions tonnes.

Alors qu'une première mobilisation a eu lieu le 21 septembre, le président du syndicat FGTB, Thierry Bodson, reconnaît que les entreprises souffrent et prévoit un automne chaud :

« la situation pourrait être explosive. Très bientôt, il y aura de nombreux citoyens qui ne pourront tout simplement plus payer [leur facture d'énergie] »

Thierry Bodson, 21 septembre.

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