Cameroun : enlèvement du prêtre français Georges Vandenbeusch

Koza
Localisation de Koza au Cameroun

Publié le 13 novembre 2013
Le prêtre catholique français Georges Vandenbeusch, est enlevé à Koza par une quinzaine d'hommes armés se réclamant du groupe Ansaru, branche de l'organisation terroriste Boko Haram.

Biographie

modifier
 
Le père Vandenbeusch célébrant un mariage en l'église d'Ars, le 4 septembre 2010.

Né le 22 octobre 1971 à Meudon (Hauts-de-Seine), il est le fils unique de Janine et Jean-Louis Vandenbeusch, ingénieur commercial.

À la suite d'un accident alors qu'il accompagnait ses parents à bord d'un voilier dans la nuit du 20 août 1979, ses parents décèdent. Orphelin, il sera élevé par ses grand-parents à Meudon.

Il est ordonné prêtre en 1998 dans le diocèse de Nanterre après avoir étudié au lycée Notre-Dame de Meudon.

Après avoir occupé la charge de vicaire à Rueil-Malmaison, il est nommé curé de l'église Saint-Jean-Baptiste de Sceaux en 2002.

Contexte

modifier

En août 2011, le père Vandenbeusch, en accord avec son évêque Mgr Gérard Daucourt, répond à « l'appel fidei donum » du pape Pie XII lancé en 1957. Il quitte alors la région parisienne pour devenir prêtre Fidei donum à Nguetchewe dans l’extrême nord du Cameroun, à la frontière nigérian où il est rattaché au diocèse de Maroua-Mokola ; il y exerce la charge de missionnaire et travaille au développement des écoles et à l'accueil des réfugiés venant du Nigéria.

Selon sœur Françoise, qui travaille avec le prêtre, il « a été enlevé vers 23 heures alors qu'il se trouvait chez lui dans l'enceinte de la paroisse » et selon le père Henri Djongyang, les assaillants étaient à la recherche de fonds.

Le député Alain Marsaud, dont la Xe circonscription (Français de l'étranger) recouvre le Cameroun, affirme que le P. Vandenbeusch, bien que prévenu par le ministère des Affaires étrangères, lors de l'enlèvement de la famille Moulin-Fournié, de la dangerosité de la zone, avait souhaité y rester.

Réactions

modifier

De nombreux dirigeants politiques et religieux ont réagi à l'enlèvement du père Georges Vandenbeusch :

Selon une source sécuritaire, le président camerounais Paul Biya a téléphoné à François Hollande, à trois reprises, quelques heures seulement après le rapt du père Vandenbeusch. Une délégation de chefs traditionnels de Mora, Mokolo et Kolofata s'est également rendu au Nigéria, après avoir obtenu l’autorisation des autorités camerounaises ; ils sont notamment allés solliciter l’aide du sultan Chehou du Borno-state, réputé pour son influence, afin de plaider pour la libération du prêtre auprès de Boko Haram.

  • François Hollande : « Le prêtre Georges Vandenbeusch a été enlevé dans une zone considérée comme éminemment dangereuse, je demande donc à mes compatriotes de ne rien faire qui puisse mettre en danger leur vie ou les exposer à des enlèvements [...] Nous mettons tout en œuvre pour que ce prêtre puisse être retrouvé ».
  • Laurent Fabius : « Ce prêtre a été informé que c'est une région extrêmement dangereuse, néanmoins il avait voulu continuer à rester là bas [...] Tous les moyens sont déployés pour tenter de le localiser ».
  • Awa Fonka, gouverneur de la région de l’Extrême-Nord : « Nous sommes à la recherche de ce prêtre qui a été enlevé, et nous avons grand espoir que Dieu va nous le rendre ».
  • Sultan Chehou du Borno : « Nous ferons tout pour que le prêtre retrouve sa liberté. Il est proche de nous et nous prions pour qu'il retrouve la liberté ».
  • Dalil Boubakeur, dans un communiqué de presse : « Nous exprimons notre profonde indignation et notre condamnation formelledu rapt du prêtre français [...] L'enlèvement de ce religieux nous touche particulièrement car, à l'évidence, sa mission est humanitaire, pacifiste et profondément utiles aux populations les plus démunies. Nous exprimons à l'Église de France, tout notre soutien, avec laquelle nous partageons tout notre douleur ».
  • Mgr Gérard Daucourt : « J'invite tous les diocésains des Hauts-de-Seine à la prière ».
  • Ibrahim Moubarak Mbomba, président national du Conseil camerounais des imams et des affaires islamiques : « L’Islam est une religion de tolérance par essence et ne saurait cautionner les actes de quelques bandits qui l’utiliseraient pour revendiquer des causes inavouées. Les membres de Boko Haram sont des impies, des barbares et des gourous de la fausse prophétie. Je prie Allah afin qu'il agisse avec force contre la secte, afin que le père Vandenbeusch soit libéré ».

Voir aussi

modifier

Sources

modifier
 

  Jour précédent

13 novembre 2013

Jour suivant