France : décès de l'homme politique Henri Emmanuelli

Publié le 21 mars 2017
L'homme politique français Henri Emmanuelli est décédé mardi à l'âge de 71 ans, à Bayonne, où il était hospitalisé depuis trois jours pour une double bronchite, a annoncé mardi sa famille à l’AFP.

Henri Emmanuelli en 2008.

Le député socialiste et président du conseil départemental des Landes, ancien secrétaire d’État et ancien président PS de l’Assemblée nationale avait décidé de ne pas se présenter pour les législatives de juin.

« Henri Emmanuelli incarnait le département depuis trente-cinq ans, c’est un grand vide qui se présente devant nous », a déclaré Xavier Fortinon, vice-président du conseil départemental des Landes, lors d’une séance consacrée au budget, avant une minute de silence.

Ancien de la Compagnie financière de Banque d’Edmond de Rothschild, Emmanuelli avait commencé sa carrière comme député des Landes en 1978 avant de devenir, entre 1981 et 1986, secrétaire d’État chargé des DOM-TOM puis du budget du président François Mitterrand.

Il est ensuite trésorier du PS en 1987 puis président de l'Assemblée nationale de 1992 à 1993. Il est également brièvement premier secrétaire du PS de 1994 à 1995, avant d'être battu par Lionel Jospin à la primaire pour l’élection présidentielle de 1995.

En 1997, il avait été condamné à deux ans de privation de ses droits civiques dans le cadre de l'affaire Urba, de financement illégal du PS en tant que trésorier. En 2000, il retrouve ses mandats de député et de président du conseil général des Landes.

Fidèle « mitterrandiste », se voulant gardien de la gauche du PS, il était hostile aux thèses « sociales-libérales ». En 2005, il avait milité pour le « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen.

Emmanuelli était un père spirituel pour le candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon. Il lui avait apporté son soutien pendant la primaire de la gauche, même s'il n'était « pas du tout d’accord avec son projet de revenu universel », selon lui « déresponsabilisant ».

Lors du congrès du Mans, toujours en 2005, Emmanuelli s'était d'ailleurs associé au Nouveau Parti socialiste, avec Vincent Peillon, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Même si cette association n'avait pas tenu, les liens avec Hamon ne se sont jamais défaits. « J'entretiens avec lui une relation de très grande confiance, confiait d'ailleurs Hamon en 2010. J’écoute ses conseils. A Reims, il m'a évité de commettre des erreurs. » En janvier dernier, lors d'un meeting dans sa circonscription de Mugron (Landes), Hamon avait confirmé : « C’est une personne qui a beaucoup compté dans mon histoire politique. »

Ému, Hamon lui a donc rendu hommage depuis Bruxelles, après sa rencontre avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, confiant qu’il était « très dur pour [lui] d’en parler » : « Il était très malade, je lui ai parlé au téléphone encore récemment. Il a eu un rôle extrêmement important pour moi, pour ce que je suis. Je lui dois beaucoup, il était plus âgé que moi, mais il était pour moi comme un frère, une âme sœur ».

Sur Twitter, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a confié sa « stupeur » et son « émotion ». D'autres politiques comme Hollande, Mélenchon, Estrosi, Bayrou ou Juppé, lui ont aussi rendu hommage.



 

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