YouTube : des vidéastes populaires accusés de détournement de mineures

Publié le 9 août 2018

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Ce fichier audio a été créé d'après la version datant du 21 août 2018 à 21h34 UTC, et ne reflète pas les modifications ultérieures de l'article.

Depuis lundi, la parole se libère et des vidéastes web populaires sont accusés de harcèlement sexuel et d'avances à des fans mineures. Retour sur la polémique, du tweet qui l'a lancée à ses conséquences.

Le déclenchement

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Le 6 août 2018, le YouTubeur Squeezie, 5 000 000 d'abonnés sur Twitter, poste

Squeezie
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Les YouTubers (y compris ceux qui crient sur tous les toits qu’ils sont féministes) qui profitent de la vulnérabilité psychologique de jeunes abonnées pour obtenir des rapports sexuels on vous voit 👀 La vérité finit toujours par éclater 🧠
6 août 2018

Il refuse cependant d'accuser des personnes précises, ajoutant qu'il ne souhaite pas « porter d’accusations précipitées ».

Des jeunes femmes prennent rapidement la parole sur Twitter en utilisant le hashtag #BalanceTonYoutubeur, directement inspiré de la tendance #BalanceTonPorc qui elle-même suivait l'affaire Weinstein. Elles y témoignent en particulier d'avances reçues alors qu'elles étaient mineures.

L'enquête du Parisien, quatre Youtubeurs identifiés au coeur de l'affaire

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Le Parisien cite rapidement plusieurs noms de Youtubeurs incriminés : Wass Freestyle, qui se spécialise en football, From Human to GOD, Youtubeur musculation, Math Podcast qui fait des podcasts humoristiques ou encore Anthox Colaboy, qui parle essentiellement de critique de chaîne Youtube.

Des captures d'écran du dernier, 29 ans, montrent des messages reçus par une jeune fan de quinze ans : « Tu l’as déjà fait ? A l’occasion si tu as eu une mauvaise expérience, je me porte garant de la prochaine pour que ça soit mieux, on fait ça ? (…) Si un jour on se voit, je te mange avec plaisir. (…) Avec toi, quand tu veux les plans à 4 ».

En dehors de l'article du Parisien, d'autres noms sont publiés. En particulier celui de Norman Thavaud, déjà accusé plusieurs mois plus tôt par Squeezie, ainsi qu'un rappel d'une dénonciation publique du YouTubeur InThePanda vieille de plusieurs années.

Des réactions immédiates

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Deux personnes incriminées ont pris la parole pour se défendre. Anthox Colaboy affirme sur Twitter vouloir « prendre un avocat et porter plainte contre tout ce qui est en train de se produire », arguant du fait qu'il reçoit des « vagues de haine » sur les réseaux sociaux. Il annonce ensuite la fermeture de son compte Twitter. From Human to GOD, quant à lui, répond en plusieurs tweets et une vidéo de 15 minutes, affirmant entre autres que « cet article me visant relève de la pure diffamation ».

Pour MathPodcast, les conséquences sont immédiates : embauché pour devenir chroniqueur dans l'émission de télévision Touche pas à mon poste, il a perdu son contrat.

D'autres personnalités de la plate-forme vidéo, qui ne sont pas accusés, ont tenu à réagir à la polémique. C'est entre autres le cas de Cyprien Iov, qui commente « Ne nous mettez pas tous dans le même panier, les rumeurs nuisent », de Tibo InShape qui publie une blague sur sa petite amie (bien majeure, elle) rencontrée sur YouTube, ou encore du Joueur du Grenier qui se targue d'être « seulement raciste ». Les lecteurs de l'article signalent également une « diffamation » dans les commentaires de celui-ci.

En France, jamais un Youtubeur n'a été condamné pour abus de pouvoir, harcèlement sexuel ou détournement de mineur. Certains journaux et commentateurs rappellent cependant que les captures d'écran peuvent être trafiquées et ne constituent pas nécessairement des preuves suffisantes.

Sources

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