Europe : ne pouvant payer le gaz, le sidérurgiste ArcelorMittal met ses salariés aux chômage

Publié le 8 septembre 2022

Siège actuel d'ArcelorMittal (Luxembourg ville).

Après avoir dépassé, le 26 août, les 1 000 euros le mégawattheure (Mgwh), une semaine plus tard, le 2 septembre, le prix du Mgwh n'était pas descendu plus bas que 600 euros, restant 12 fois plus élevé que l'année dernière. Face à ce prix du gaz « exorbitant », le sidérurgiste ArcelorMittal va fermer temporairement deux hauts-fourneaux de production d'acier et ralentir la production de l'ensemble de ses usines de transformation d'acier en Europe.

Sur les seize hauts-fourneaux que ArcelorMittal exploitait en Europe fin 2021, deux seront arrêtés dès la fin du mois de septembre. Le premier est situé à Brême (Allemagne) et le second dans les environs de Gijon (Espagne), et ce « jusqu’à nouvel ordre ». L'usine de réduction d'acier de Hambourg (Allemagne) qui a déjà réduit son activité de 80 %, sera fermée à 100 % à partir du quatrième trimestre. À Brême et à Hambourg, des mesures de chômage partiel seront étendues.

En France, le dernier des trois hauts-fourneaux non-arrêté de Dunkerque (Nord) ne sera pas arrêté mais son activité sera ralentie. Les deux autres hauts-fourneaux avait déjà été mis à l’arrêt, le premier, depuis juillet, pour décarboner le site fortement pollué et le second pour maintenance. La aussi, de « l’activité partielle » va être mise en place.

Les usines allemandes ne sont plus « rentables ».

Le sidérurgiste ArcelorMittal a publié un communiqué expliquant que la hausse des coûts liée aux quotas d’émission de CO2 de l’UE (Union européene) et que la multiplication par dix du prix du gaz, pénalisent « fortement » sa compétitivité. Après avoir envahit l'Ukraine le 24 février, la Russie a coupé ou réduit les livraisons de gaz à plusieurs pays d'Europe, faisant grimper le prix du gaz. Pour ne pas vendre à perte, ArcelorMittal a du répercuter l'augmentation du prix du gaz sur le prix de son acier produit, entraînant une baisse de la demande du marché. Les clients, notamment ceux de l’industrie automobile subissent eux aussi la hausse du prix de l'énergie qui conduit également leur activité au ralenti et les pousse à importer de l'acier moins cher des producteurs extra-européens.

Un cocktail « explosif ».

En Allemagne, le prix du gaz va encore augmenter le 1er octobre pour les consommateurs, à cause d'une nouvelle taxe qui financera l'aide destinée à protéger de la faillite les importateurs et distributeurs de gaz.

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