Australie : signature d'un accord de libre-échange avec la Chine


Publié le 18 juin 2015
Le 17 juin 2015, la Chine et l'Australie ont signé un accord de libre échange qualifié d'« historique » par le Premier ministre australien Tony Abbott. Cet accord vise à abolir les droits de douanes entre les deux pays dans l'échange de services et de marchandises. La signature de cet accord résulte de dix ans de négociations entre les deux pays.

La Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie avec près de 110 milliards d'euros d'échange annuel et importe chaque année un tiers des exportation australiennes de charbon, de minerai de fer, de bœuf et de lait. La Chine est également devenue le premier investisseur étranger en Australie.

L'accord signé prévoit que jusqu'à 85 % des échanges de biens échangés d'Australie vers la Chine soient exemptés de taxe alors qu'actuellement ces taxes peuvent atteindre jusqu'à 40 % sur certains produits. Par exemple, les taxes sur l'industrie laitière australienne, qui sont aujourd'hui de 20 %, seront toutes supprimées d'ici 11 ans et d'ici 4 ans sur le lait infantile, secteur où la Chine a fait face à divers scandales sanitaires. Celles sur les exportations de bœuf variaient entre 12 et 25 % et seront abolies d'ici 9 ans.

En échange l'Australie supprime ses droits de douanes sur les produits des secteurs électronique et électroménager en provenance de Chine, droits de douanes qui s'élevaient à 5 %. De plus, les investissements chinois en Australie seront facilités avec, pour des investissements jusqu'à la hauteur de 1 milliard de dollars, l'absence de nécessité d'une autorisation du conseil de surveillance des investissements étrangers en Australie sauf pour les terres agricoles et les entreprises agroalimentaires où quelques exceptions ont été mises en place.

La clause ISDS (investor-state dispute settlement) de ce traité donne également le droit aux entreprises de poursuivre les gouvernements en cas de non-respect du traité.

Le ministre du commerce australien, Andrew Robb, a accueilli favorablement cet accord :

« Compte tenu de ce qui se passe dans la région, de l'explosion extraordinaire de la classe moyenne, je pense que c'est vraiment un accord historique, et que cela apportera des milliards de dollars, et des milliers voire des centaines de milliers de créations d'emplois. Ça va largement soutenir notre prospérité ces prochaines années. »

— Andrew Robb, ministre du commerce

De son côté le syndicat Electrical Trades Union, qui regroupe des employés des sous-traitants de l'électricité et des communications, parle d'« un jour funeste » et plusieurs autres syndicats du pays qualifient cet accord de « honte » et craignent un afflux de travailleurs chinois sous-payés.

Sources

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